La police du futur

La police du futur, le marché de la violence et de ce qui lui résiste. Mathieu Rigouste
version longue 2022 en bouquin / version 2018 en article dans la revue le crieur

Si vous aimez les films d’angoisse futuriste, ce texte est pour vous ! On survol les nouvelles créations techno-policières en service ou en projet, sans rentrer non plus trop dans les détails très précis ou technique. En allant voir ce qui se trame au salon Milipol, grand rdv des boîtes d’armement et de sécurité on peut avoir un bon aperçu des tendances.
Une prolifération des armes dites non létale ou sublétale, qui ne viennent en rien remplacer les armes existantes ou réduire le nombre de mort par la police, mais viennent juste étendre le champ d’action, augmentent le degré de violence au quotidien et engendre de plus en plus de mutilation.
« la police du futur, c’est un peu comme l’armée du futur, c’est une police connectée » déclarait le ministre de l’intérieur en 2017. Flic connecté, camera connecté, drone connecté… On voit bien les liens entre flicage et télécom-
munication qui permettent d’aller toujours plus vite dans la transmission et la collecte de donnée, notamment avec la 5G.
La tendance actuelle c’est aussi la robotisation des moyens de contrôle et la recherche d’un policier « augmenté ».
Et pour encore plus de sérénité pourquoi ne pas instaurer le contrôle permanent et l’auto-surveillance des populations. Un flicage autogéré ! Cela passe par le concept de « safe ciy », des espaces en permanence vidéosurveillés où des algorithmes prédisent et/ou repèrent les situations où les personnes « à risques ». Lea bon·ne cityoen·ne vigilant·e est mis·e à contribution et encouragé·es à balancer ces voisin·es grâce à des applications participatives.
Ces évolutions technologiques ne sortent pas de nulle part, elles sont directement le fruit d’un business en constante augmentation. Comme n’importe quel produit (bon quand même là ça nous impacte plus que la nouvelle boite de chocapic) la sécurité et l’armement sont là pour faire du fric. L’économie et l’armement/sécurité, les entreprises privées et les institutions sont dans une étroite collaboration, les unes pour faire du fric, les autres pour la réalisation d’une croyance en un monde techo-sécuritaire.
Les keufs alimentent clairement le marché de l’armement en conseillant les entreprises et les entreprises incitent à la consommation et créent des besoins de toute pièce, en proposant des produits technologico-policier soit disant toujours plus performant. Les boîtes ne sont pas là pour répondre à des besoins (disons plutôt des envies), aussi nuls soit ils, elles sont là pour créer ces besoins. Les institutions achètent pour réaliser leurs mythes mais aussi dans des logiques de copinages de classe, filer de la thune à ses potes c’est chouette.
Il n’y aurait peut être pas de suréquipement technologique de la police si il n’y avait pas d’entreprise pour les inventer et les réaliser. Le livre file cite pas mal d’entreprises responsables de cela : IDEMIA, IBM, Thalès, Engie Ineo, Atos, Huawei, Verney-Carron, TBC-France…

L’œil mécanique

Véritable lubie des autoritaires et autres flics de l’existence, la vidéosurveillance ne cesse de gagner du terrain. Dans l’agglomération poitevine, c’est le maire de buxerolles, gérard blanchard, qui a décidé de l’installation de pas moins de 22 caméras (280 000 €) pour fliquer les habitant·es. Comme si l’ajout d’un 3e flic municipal et l’armement de la milice du maire n’était pas suffisant. A poitiers, dès 2016, c’était alain claeys qui faisait installer 24 caméras (350 000 €). Sans compter évidemment les caméras dans les bus vitalis, à proximité des lieux de la domination (préfecture, commicos, science-po…), dans les commerces et chez les particuliers.
Tout autour de nous se tisse la toile d’une surveillance permanente, qui vise à empêcher toute rébellion face à l’autorité plutôt qu’à nous protéger. Toutes les études sur le sujet le montrent d’ailleurs : le vidéoflicage ne fait pas baisser la délinquance ou la criminalité et les vidéos stockées sont rarement utilisées ou concluantes. Dans une étude sur le sujet, le sociologue Laurent Muchielli indique qu’à marseilles, pourtant une ville très vidéofliqué, sur 60 000 enquêtes sur la voie publique, les caméras n’ont été utiles que dans 300 affaires. Soit 0,5 % des cas. Pour un coût annuel d’au moins 7 millions d’euros sans compter les 63 millions d’euros d’installation.
La vidéosurveillance ne stoppe pas les viols car l’immense majorité est le fait de proches dans des lieux privées. Le vidéoflicage dans les transports ne protège pas les passagers mais sert à renforcer le pouvoir des contrôleurs, et donc à soutirer encore plus d’argent aux personnes qui en ont besoin. Dans les centres de rétention, les prisons ou au veston des flics elles servent à punir encore plus celleux qui réagissent à l’arbitraire, au racisme et à la violence des bourreaux en uniforme. Les flics peuvent abattre des gens dans la rue, violer dans les comicos et continuer à parader librement tandis que le moindre crachat sur un contrôleur peut vous emmener en taule.
Pour chaque excuse donnée pour justifier l’installation de la surveillance, il existe une solution plus juste. De la gratuité des transports à la légalisation des drogues en allant jusqu’à l’abolition du capitalisme, des frontières, du patriarcat et des prisons.
Si les caméras continuent de s’installer, c’est parce qu’elles sont une des briques nécessaire au déploiement d’une surveillance global et total. La reconnaissance automatique d’images qui permet actuellement le déploiement de caméras lectrices de plaques permettrait, couplée avec le déploiement de la 5G, la mise en place de la reconnaissance facial. Instaurant de fait, un contrôle d’identité permanent.
Notons d’ailleurs que malgré les nombreuses prises de positions des différents groupes d’EELV contre la vidéosurveillance, la maire actuelle de poitiers léonore moncond’huy ne laissa aucune donnée accessible dessus et n’a absolument rien fait pour retirer les vidéoflics.

Étude de cas : Animal1st

Réalisé par le Collectif Anti-Rep de Poitiers et Environ (lacarpe.noblogs.org)

Le 28 janvier 2022 se déroulait le procès de neuf militant·es antispécistes de l’association Animal 1st, perquisitionné·es en même temps en juin 2021. Ielles étaient accusé·es de_: tags sur des exploitations agricoles entre 2019 et 2020, de sabotages de miradors de chasse et d’avoir évité à sept agneaux de finir en repas.
L’affaire est le produit de deux ans d’enquête par la cellule Déméter de la gendarmerie. Une cellule crée dans le but explicite de défendre l’élevage, la chasse, les pesticides et la monoculture. L’alliance concrète de la FNSEA et de l’état.
Ce que nous proposons ici, c’est de partir des techniques utilisées par la police et de partager les connaissances permettant de se protéger. Nous nous basons sur une synthèse, sûrement incomplète, des informations sorties dans la presse.

Bornage des téléphones :

Visiblement la gendarmerie a déployé les grands moyens puisqu’elle a analysé les bornages télé-*phoniques sur les lieux des tags. Vu que les cibles sont des exploitations agricoles, il ne devait pas y avoir grand monde, facilitant d’autant le recours à cette technique.
Pour éviter ce genre de désagrément, lorsque l’on part en action on laisse son téléphone/smartphone chez soi ou l’on utilise un téléphone jetable avec une carte SIM anonyme dont on se débarrasse après l’action.

Identification de l’ordinateur :

Les gendarmes ont été aussi capables de montrer que les photos des tags avaient été diffusées depuis les ordinateurs de certain·es accusé·es. On ne sait pas si cela s’est fait à partir de l’adresse IP (chiffre unique correspondant à chaque accès internet), l’adresse MAC (chiffre unique correspondant à chaque ordinateur/tablette/*smartphone), les métadonnées des fichiers ou autres.
Pour ce protéger de cela on peut utiliser le système d’exploitation Tails. Grâce à l’utilisation du réseau TOR, notre adresse IP demeure inconnu des sites sur lesquels on se connecte. Tails modifie aussi notre adresse MAC afin de nous rendre anonyme. De plus Tails permet facilement et rapidement de supprimer les métadonnées de documents : photos, vidéos, document texte, pdf…
De plus, utiliser un ordinateur sous Linux en chiffrant *le contenu du disque dur empêche la police d’accéder aux informations qu’il contient.

Preuves matériels :
Lors de la perquisition à leurs domiciles, des carnets contenant des cibles potentielles et slogans tagués sur les élevages ont été retrouvés.
Il est important de se débarrasser des preuves matérielles qui nous lient à des actes répréhensibles. Attention aux doubles « fantôme », imprimés sur les surfaces où vous avez écrit, qu’il s’agisse d’un bureau en bois ou de blocs de papier.
Il aurait été aussi possible de garder ces informations dans un document numérique chiffré. Par exemple dans la section « persistante » d’une clé Tails. Que l’on peut supprimer définitivement en utilisant l’option « écraser » dans tails.
Les flics ont aussi réalisé des moulages des empreintes de bottes et des analyses des peintures des tags mais on ne sait pas si ils en ont fait quelque chose.

Protocole garde à vue :

Face aux juges, les accusé·es n’ont reconnu leur participation à aucun des faits tout en défendant la justesse des actions dont ielles étaient accusées. De plus ielles ont visiblement gardé·es le silence en garde à vue. C’est une ligne de défense efficace que nous vous conseillons de suivre.

Surveillance :
Les antispécistes ont été l’objet d’une surveillance policière particulière_: filatures, épluchages de relevé téléphoniques, des comptes bancaires et des aides sociales. Il est important de développer une véritable culture de la sécurité, de privilégier les échanges anonymes ou à l’oral et d’utiliser de l’argent liquide pour les achats de matériel.

Conclusion
L’état a déployé les grands moyens pour condamner ces personnes et chercher ainsi à affaiblir un mouvement antispéciste qui prend de plus en plus d’ampleur. Mais malgré les moyens déployés par la répression, la mise en place de certaines pratiques de sécurité auraient compliquée voir rendu impossible la tâche de la répression. N’oublions pas que le temps que les flics passent sur une affaire, c’est autant de temps qu’ils ne passent pas sur d’autres.

« Il pleut des lames sur les bassines »

Deux bassines ont été sabotées (découpage de la bâche d’étanchéité) en ce début mars. Simon Baille-Barrelle et Luc Tomowiak, propriétaires d’une des bassines ciblées (située au lieu-dit Les Bouilleaux, à Nouaillé-Maupertuis), devront sortir 25 000 € pour continuer à accaparer l’eau. L’autre bassine appartient à l’entreprise Pampr’oeuf (Pamproux) dirigée par Stéphane Nérault, une véritable usine à œufs (l’entreprise produit 1 milliard d’œufs par an et détient 20_% du marché des œufs à coquille français). Les poules passent leurs existences dans des cages exiguës au sol grillagé, sans jamais voir la lumière du jour et au milieu des cadavres de leurs congénères. Comme dit dans le numéro précédent_:
« Si les bassines sont tant défendues, c’est parce qu’elles sont un des maillons clés de l’agriculture industrielle et de l’élevage. Derrière les grands céréaliers se trouvent les éleveurs qui utilisent le maïs fourrage, les laiteries et abattoirs qui transforment les cadavres et les sécrétions issus des stabulation… Et les banques qui fournissent les liquidités, huilant ainsi tout les rouages.
Une chaîne qui va des bassines de Mauzé-sur-le-Mignon à l’entreprise Bonnilait à Chasseneuil du Poitou en passant par le Crédit Agricole et Groupama. Ces projets de bassines se font grâce à tout un système, cela doit être prise en compte dans les réflexions comme dans les pratiques. »

De plus comme le rappelle le communiqué d’action du Comité exécutif de la direction régionale de protection de l’eau (DRPE), les bassines sont financées à 70_% par l’état.
Un état visiblement très fâché que les bassines se fassent attaquer, puisque c’est devant un lieu de réunion du collectif « Bassines non merci ! » qu’à été trouvé une caméra militaire reliée à un routeur Pepwave et des batteries en lithium Accuwatt. Le tout sous un filet de camouflage.
Visiblement l’état est très curieux de savoir ce qui se trame dans ces réunions, et il ne serait pas étonnant que d’autres dispositifs de surveillance (écoutes, micros, filatures…) ciblent les opposant·es à l’agro-industrie. N’est pas précisément pour cela que l’état à mis en place la cellule de gendarmerie Demeter ?

P.S. :
Les deux communiqués de la DRPE :
AVIS DE DÉCISION – Comité exécutif de la direction régionale de protection de l’eau (DRPE)
IL PLEUT DES LAMES SUR LES BASSINES – Rapport d’exécution reçu le 2 mars 2022 à la DRPE

Voyeurisme d’état

Depuis le dimanche 27 février, Libre Flot, enfermé à l’isolement depuis le 8 décembre 2020 est en grève de la faim afin d’obtenir sa remise en liberté. Si Libre Flot subit cette torture blanche qu’est l’isolement carcéral, c’est parce que les petites mains de la DGSI ont tissé un filet pour les piéger, lui et 6 autres compas, à partir d’éléments volés de leurs vies. Son engagement aux côtés des combattant·es du Rojava contre l’état islamique devient une excuse pour l’enfermer. Comme l’utilisation d’applications chiffrées, la possession de deux fusils de chasse, des parties d’airsofts entre connaissances ou le fait de s’amuser avec des pétards à la campagne. Mais les fins brodeurs de la DGSI n’ont pas encore fait fuité si les inculpé·es utilisent des jerrycans d’essence pour alimenter leur tondeuse à gazon, préfèrent les films avec des explosions aux discours de macron.
De nombreux éléments disparates d’une vie qui, grâce aux talents de romanciers des barbouzes et des journaflics, prennent un sens nouveau et deviennent matières à procédures judiciaires. Des éléments obtenus grâce à un dispositif d’espionnage conséquent_: filatures, installation de micros jusque dans les chambres, écoutes téléphoniques…
En l’absence de tout projet d’action concret, ce qui est principalement reproché à Libre Flot, c’est sa détestation de la police et son refus de continuer à subir sans réagir la domination policière mais aussi son désir d’une société débarrassée de toute domination. Plus qu’une personne, c’est le mouvement anarchiste que l’état cible.
Car les inculpé·es du 8 décembre ne sont pas les seules personnes ciblées par la répression et la surveillance. Au cours du seul mois de mars, le gouvernement lançait une procédure de dissolution à l’encontre du Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE) pour avoir appelé à des manifestations non-déclarées, relayés un appel à action contre les empoisonneurs de Bayer-Monsanto et avoir relayé des slogans anti-police. Quelques mois avant, c’était le site d’information Nantes Révoltée qui était menacé de dissolution par le gouvernement. Le 29 mars 2022, un micro de flic est retrouvé dans la photocopieuse de la bibliothèque anarchiste Libertad à Paris.
Ces affaires ne sont pas en soi des surprises. Depuis que les mouvements anarchistes existent, les états essayent de les briser par tous les moyens.
Au-delà de la volonté d’écraser celleux qui résistent au totalitarisme de l’état, du capital et du patriarcat, il s’agit d’empêcher d’imaginer un monde débarrassé de ces nuisances que l’on ne cesse de nous présenter comme nécessaire ou inévitable_: de la police à la famille, du travail à l’armée, de la prison aux frontières, des violences sexuelles au nationalisme.
Continuons d’agir pour que nos insatiables rêves de liberté deviennent nos réalités. Par les mots et par les gestes, faisons vivre l’anarchie. Trouvons des moyens de continuer à tisser nos complicités loin d’appareils électroniques qui peuvent à tout moment devenir des mouchards de l’état.

Cultures de la sécurité

Pour contrer les craintes qui nous envahissent dès qu’on bouge d’un poil, pour ne pas virer dans la paranoïa, pour tenter d’éviter la répression, mieux vaut faire attention en amont et développer notre culture de la sécurité.

● Avant tout se taire. C’est valable pour toutes informations compromettantes liés de près ou de loin à une action : identité des personnes, lieux de réunions privée, plan d’action, méthodes…

● Ne racontez pas les actions (illégales) que vous ou d’autres avez réalisées, ni des choses qui vont, ou risquent d’arriver. Ne vous laissez pas aller non plus à des sous-entendus qui laissent tout entendre… Refusez de répondre aux questions de vos potes ou proches les plus intimes. Apprenez à accepter que les gens fassent de même avec vous. Prévenez les personnes avec qui vous partagez votre vie que des zones d’ombres vont exister et que votre silence n’est pas un manque de confiance mais une protection.

● Ne demandez pas aux autres de partager une info confidentielle dont vous n’avez pas besoin. Ne laissez personne vous parler de quelque chose qui vous fasse prendre des risques que vous n’êtes pas prêt·e à assumer.

● Avant de proposer une action, discutez et préparez-la en détail avec un·e complice, penser aux imprévus éventuels, définissez le ou les niveau de sécurité, ce qui vous emmènera à élargir le groupe ou non. Ne vous impliquez pas dans un projet ou avec des personnes que vous ne sentez pas.

☼ Sabotages, graffiti, collage incriminant…
1/ Seul·es celleux qui sont impliqué·es directement dans l’action ont vent de son existence. Inviter quelqu’un·e qui finalement ne participera pas est une prise de risques inutile
2/ Le groupe décide, au cas par cas, de dévoiler l’action à des personnes de confiance dont le soutien est nécessaire.
☼ Réunion de prépa d’un black bloc, nuit d’actions coordonnées, collage sans message répréhensible, bordelisation d’une conf’ (balance entre la prise de risque et le besoin d’affluence)… :
3/ Le groupe peut inviter à participer à l’action des personnes qui pourraient refuser mais qui savent se taire
4/ Les participant·e·s peuvent inviter d’autres personnes et les encourager à faire de même, tout en insistant sur la nécessité de garder l’information dans des sphères de confiance.
☼ Piratage de concert pour finir en marche « spontanée », contre manif, trollage divers… :
5/ Des « rumeurs » de l’action peuvent être largement répandues au sein de la communauté, mais pas l’identité des personnes à l’origine
☼ Rassemblement non déclaré contre un truc, concert de soutien…
6/ L’action est largement annoncée, tout en conservant un peu de discrétion, afin que les autorités les plus somnolentes n’en aient pas vent.
☼ Une manifestation autorisée, une projection de films… :
7/ L’action est annoncée publiquement par tous les moyens possibles.

● Il est important de s’organiser parce que l’on partage des envies, des engagements, des idées et pas parce qu’on a quoi que ce soit à prouver à soi ou à d’autres. La confiance se crée sur le long terme, elle est faite d’amitiés, de connaissance de l’autre et de pratiques communes. A quel point pouvez-vous compter sur les gens ? connaissez vous leurs points forts et leurs faiblesses, leur réaction à la pression, leurs expériences dans d’autres groupe ? jusqu’où peut-on retracer leur implication dans la communauté, quel est leur vie « à l’extérieur » ?

● Savoir aussi se faire confiance, se livrer, échanger des infos non compromettante sur soi. Soyer conscient.e et informez les personnes des risques que vous pouvez faire courir — involontairement ou non : contrôle judiciaire, mandat d’arrêt, fichage, sans-papier, problèmes ou limites quelconque (physique, mentale, environnement social…). Soit le risque est accepté collectivement, soit il est possible d’adapter l’action, ou alors il est plus raisonnable de savoir se retirer.

Dans le prochain numéro on verra un autre volet de la sécurité, se rencontrer, limiter les traces et les liens entre les personnes.

Largement pompé sur la brochure  : Cultures de la sécurité

Solidarité avec Boris

Un compagnon, Boris, incarcéré à la taule de Nancy-Maxéville depuis septembre 2020 pour l’incendie de deux antennes-relais dans le Jura pendant le confinement, est actuellement plongé en coma artificiel au service des grands brûlés de l’hôpital de Metz. Le feu aurait pris vers 6h30 dans la cellule samedi 7 août. La seule certitude est que la prison est un système de torture institutionnalisée, et que l’État –de la police à la justice jusqu’à la prison–, est directement responsable de cette situation. Que la tristesse se transforme en rage contre toute autorité….

Cortège de fete

Depuis plusieurs semaines, on se retrouve chaque samedi en centre ville contre l’ordre policier et la société qui en a besoin. On se retrouve nombreux.ses et déter. Et ça fait plaisir! Ça fait plaisir de voir de moins en moins de gens qui filment et de plus en plus de personnes qui leur disent d’arrêter cette pratique qui nous met en danger. Plaisir de voir que certaines caméras ont été repeintes. Ça fait plaisir de voir autant de personnes qui ne se reconnaissent plus dans les promenades syndicales et préfèrent les manifs sauvages, largement plus vivantes. Les sauvages ne sont pas des moments folkloriques mais sont un moyen concret de perturber le dispositif policier. Les trajets convenus avec la préfecture permettent aux flics de se préparer aux mieux et donc de limiter notre action. La police peut dévier le trafic, stationner à des endroits clés ou nous bloquer l’accès à certaines rues.
Face à un dispositif policier poitevin très lourdement équipé par rapport à nous, notre force repose en partie sur notre imprévisibilité. Une sauvage qui reproduit semaine après semaine les mêmes parcours et tente vainement d’accéder à des endroits inaccessibles perd de de sa spontanéité et donc une partie de ce qui fait sa force : sa capacité à contourner le dispositif policier.
Un autre élément qui fait notre force, c’est la solidarité. Si nous courons, si nous nous dispersons, si nous nous scindons dès les premiers tirs de lacrymo, nous allons laisser des compas isolé.es derrière nous. C’est ces moments là que la police va utiliser pour arrêter des manifestant.es, ce qui à conduit à une GaV samedi 12 décembre. Ne pas courir mais marcher vite pour éviter des mouvements de panique, se regrouper et attendre pour permettre aux blessé.es de reprendre des forces, nous permettent d’être solidaire.