Des animaux assoifés de liberté

Cette brochure n’est pas une introduction aux idées antispécistes, sur lesquelles vous invitons à vous renseigner par vous-mêmes dessus, mais une réflexion pour développer un anarchisme antispéciste. Il s’agit donc à la fois d’une critique d’un antispécisme réformiste mais aussi d’un anarchisme spéciste.
« Si la définition de l’antispécisme ne fait pas toujours consensus,on peut néanmoins s’accorder sur le fait qu’il inclut l’opposition à l’exploitation des animaux. Or les êtres humains étant aussi des animaux, si la lutte pour l’antispécisme se fait aux dépens de leurs conditions d’existence, alors elle n’est pas réellement antispéciste. La Libération Animale n’est donc conséquente que si elle passe par la libération de tous les animaux, sans distinction. »
« Un aspect de l’exploitation animale tabou jusqu’au sein de l’antispécisme concerne les relations entretenues (et imposées) avec les animaux domestiqués. Les abattoirs ne sont pas les seuls lieux où les animaux sont tués, enfermés et exploités. »
« […] les animaux considérés comme « de compagnie » n’ont pas demandé à naître, et s’ils existent, c’est pour satisfaire une demande, et donc un caprice. »
« L’animal-peluche ne subit pas moins l’exploitation que l’animal-cadavre. Ainsi, la racine du problème est à chercher non pas dans le fait d’empêcher les animaux « de compagnie » déjà présents de se reproduire afin d’assurer notre petit confort affectif, mais bien dans cette recherche de confort affectif auprès d’individus à qui on impose bien souvent cette affection. »
« Nous ne voulons pas que l’État se « veganise », nous souhaitons sa destruction. Aucun texte de loi ne pourra mettre fin au spécisme et à l’anthropo-centrisme, de la même manière qu’aucun texte de loi n’ajamais permis d’en finir avec les violences sexuelles. […] Nous ne voulons pas que le monde marchand se « veganise »,nous souhaitons sa destruction. »
« Car si l’antispécisme ne peut se passer d’une critique conséquente de l’autorité sous toutes ses formes, la réflexion et les pratiques anarchistes peuvent-elles se dispenser d’intégrer l’antispécisme ? L’être humain étant lui aussi un animal, qu’est-ce qui justifierait que nous souhaitions détruire l’autorité pour nous tout en acceptant de l’exercer sur d’autres individus ? Lorsque l’on accepte d’être du côté des « libres » tout en ayant des individus humains sous notre joug, nous sommes de fait des tyrans. En quoi cela serait-il différent lorsque les individus sous notre joug ne sont pas humains ?»

Disponible sur infokiosques.net

Du feu dans les tuyaux

Dans la nuit du 11 au 12 août, c’est une pelleteuse de la société 2 Sévrienne Service qui est partie en fumée à Saint-Sauvant (Vienne). La machine devait servir à l’INRAP pour réaliser des fouilles archéologiques avant la réalisation d’une des fameuses bassines. 60 000 € partis en fumée et un chantier à l’arrêt.

« Une bassine, c’est environ 10 hectares clôturés par des murs de terre d’une dizaine de mètres de haut, le tout tapissé de plastique.
Pour quel usage ? Il s’agit de piller l’eau des nappes phréatiques durant l’hiver, et donc d’assécher en partie les cours d’eau qui en dépendent, pour la réutiliser durant l’été. C’est une manière pour les gros propriétaires (ceux capables d’utiliser plusieurs hectares de terres agricoles pour creuser des trous) de ne pas respecter les règles d’irrigation, règles qui leur permettent déjà d’arroser n’importe comment. Ce captage et ce stockage ne sont rien d’autre qu’une privatisation de l’eau. Le tout est bien évidemment financé à 70 % par les différentes administrations prétendument chargées de faire respecter les quotas.
Les cultures irriguées sont principalement celles qui servent à nourrir le bétail (par exemple le maïs qui en plus n’est pas adapté au climat local). Non seulement les bassines permettent à quelques gros propriétaires de continuer à s’enrichir en s’appropriant les cours d’eau, mais elles s’inscrivent directement dans la déjà longue liste des subventions dissimulées au bénéfice de l’industrie de l’élevage. Une industrie responsable d’au moins 10 % des émissions de gaz à effet de serre, de la déforestation et aussi de la pollution des cours d’eau. De manière générale, l’agriculture qui profitera des bassines est l’agriculture intensive. Cette même agriculture qui ravage les sols, empoisonne le vivant à coup de pesticide. »
[repris du numéro d’octobre 2020]

Trucs et astuces

smartphone
On sait depuis longtemps que nos téléphones sont des portes ouverte aux yeux et aux oreilles des keufs (traçage par bornage aux antennes relais, mise sur écoute, récupération d’infos, de compte, de message notamment lors de GAV surtout si ton tel a 1234 comme code pin et pas de sécu autre…). Depuis l’affaire Pégasus, on sais que c’est un tapis rouge sur lequel tout est possible. Ya même plus à chercher comment y échapper. Alors on a qu’un conseil, lâche le. Pour prendre le pli tu peux te fixer des moments sans télo, progressivement si t’es accro. Par exemple aller à la soiré turcmuch, se fixer et aller au rdv avec machin.e, pendant une journée de cours, quand tu vas te balader… globalement il ne va rien se passer, la vie ne s’arrête pas sans ton tel, tu vas peut être même développer des capacités que tu avais oublié et surtout tu vas apprendre à te démerder pour tous les moments où tu te dis qu’avoir un flic dans ta poche ça craint.

internet
On a l’impression d’être planqué derrière nos écrans, sauf qu’on oubli trop vite que sur internet on laisse des traces partout. Pour ça le plus simple c’est d’utiliser TOR browser, un navigateur fait pour s’anonymiser. Pour l’installer c’est très simple, va sur le site https://www.torproject.org/fr/ et télécharge et installe le navigateur. Voilà. Sur TOR chaque fois que tu le fermes et tu le ré-ouvres ça change ton « identité » sur le web. Donc si tu vas voir un site tructruc et que tu veux après aller sur ta boite mail sécure, referme et réouvre le navigateur comme ça ta recherche tructruc ne sera pas liée à la connexion à ta boite mail. Si tu ne veux pas que tes recherches soient liées à toi ne te connecte à aucun compte perso où il peut y avoir des infos sur ton identité du genre ton compte en banque.

données et diffusion
Les GAFAM (google, apple, facebook, amazon et tous les autres), ne sont pas tes potes. Tout d’abord ils sont ultra intrusif dans tes infos privées, ensuite en les utilisant non seulement tu t’exposes mais tu leur file aussi des infos qui leurs rapportent de la thune. La meilleur solution : fermer ses comptes. Au minimum arrêter de divulguer des infos perso compromettantes, avec qui tu es, ce que tu as fais, des vidéo de manif ou action… Tout ce qui peut se retourner contre toi ou d’autres DOIT sortir d’internet et de ton téléphone ou appareil photo. Met ton égo de côté, ce que tu fais ne te donne pas plus de valeur, tu agis pour toi pas pour les autres. Dans les photos et/ou vidéo il n’est souvent pas question que de toi ou tes potes, demande toi si TOUTES les personnes présentes ont envies d’être potentiellement exposés, si tu as le moindre doute, lâche ton objectif. Et passionne toi pour autre chose pour exercer tes talents de photographe, les papillons c’est chouette aussi. Les luttes n’ont pas besoin d’être représentées, esthétisées, sublimées, elles ont besoin d’être vivantes.

adresse mail
Les keufs peuvent demander à saisir tes correspondances mails. Gmail, laposte, wanadoo et compagnie n’ont aucun avantage à ne pas collaborer. Pour s’anonymiser un peu, quand tu envoies des mails à des personnes, lieux, collectifs, crée toi des adresses sans ton nom et prénom (la base) et dans des services de boite mail plus sécure (mieux) : proton mail, tutanota, riseup notamment. Ne met pas « d’objet », ça complique la surveillance car parfois les fouineurs n’ont accès qu’aux métadonnées (infos « autours » des mails, expediteur.ice, destinataire, heure, adresse ip, objet…).
Il est possible de remonter à l’utilisateurice d’un mail en utilisant l’adresse IP de connection. C’est ce qui est arrivé à un squatteur qui avait une adresse protonmail : l’entreprise a poukave l’IP (et uniquement l’IP). Pour éviter ça crée ton adresse et connecte-toi s’y uniquement en utilisant TOR. Ne la lie à aucun numéro de téléphone, moyen de paiement ou adresse mail non anonyme.

Solidarité avec Boris

Un compagnon, Boris, incarcéré à la taule de Nancy-Maxéville depuis septembre 2020 pour l’incendie de deux antennes-relais dans le Jura pendant le confinement, est actuellement plongé en coma artificiel au service des grands brûlés de l’hôpital de Metz. Le feu aurait pris vers 6h30 dans la cellule samedi 7 août. La seule certitude est que la prison est un système de torture institutionnalisée, et que l’État –de la police à la justice jusqu’à la prison–, est directement responsable de cette situation. Que la tristesse se transforme en rage contre toute autorité….

Un braquage

5 ans de prison pour 1 573 € braqué à un bureau de tabac. 1 825 jours de taule pour un fond de caisse et quelques cartouches de clopes. 1 825 jours enfermé 22h sur 24 dans une cellule insalubre, à supporter les matons sadiques, isolés de ces proches. 1 825 jours de torture pour à peine un mois de smic brut (1 554,58 €).
Pendant que juges et procureurs distribuent les années de prison, les marchands de poison continuent leurs sinistre business. Avec près de 1 000 000 000 € de profit par an en france, les cigarettiers se remplissent largement les poches. Et les 75 000 morts par an liée au tabagisme, les corps détruits et le temps passé à les soigner font de leurs gains un braquage largement plus sanglants.
Mais ce braquage là est autorisé, parce qu’il se fait sur le dos des exploité.es, parce qu’il enrichit les puissants. Parce que l’alliance entre le capital et l’état se fait sur notre dos.

Cultivons l’école buissonière

A écouter la gôche, tous les problèmes peuvent se régler grâce à plus d’éducation. De la pauvreté aux violences conjugales en passant par le réchauffement climatique, tout pourrait se régler en ouvrant des salles de classes et en recrutant des profs. Évidemment, il s’agit d’une pensée magique : avoir fait une thèse n’empêche pas de subir le racisme et aucun diplôme ne fera disparaître le capitalisme. Alors posons nous cette question : à quoi servent ces 150 milliards d’euros annuels investis dans le système scolaire ?
La première réponse serait de rejeter tout simplement la question. Comme si le fait d’enfermer des individus dès leur plus jeune âge pour leur inculquer des connaissances et techniques choisies arbitrairement était en soi une évidence. Alors que nous devrions apprendre à travers nos besoins et envies. Comme si la transmission du savoir devaient forcément se faire entre deux sonneries. Comme si l’apprentissage était quelque chose de distinct de la vie alors qu’il s’agit d’une part importante et permanente de notre existence. Comme si tout savoir devait être prouvé par un bout de papier tamponné. Parce que plus que la transmission de savoirs et techniques, l’école est un dressage. Un dressage des individus pour les soumettre à la société. Le cadre de l’école est déjà celui du travail, de l’usine. Avec ses chefs, ses horaires et ses obligations. Et évidemment ses punitions. Parce que l’école, c’est préparer l’enfant à être l’adulte résigné.e de demain. Et pour cela elle mimique le reste de la société : ses carottes comme ses coups de bâton. C’est dans les bagnes scolaires que l’état au son du roman national préparait hier les soldats et aujourd’hui les citoyennes-travailleureuses. C’est là que disparaissent les luttes et les massacres de l’état, c’est là que naissent ces grands hommes si détestables.
Le système autoritaire n’existe pas uniquement grâce à des larbins et des brutes sans cervelles ni scrupules mais aussi grâce à tout un ensemble de techniciens et spécialistes. Prenons l’installation d’un système de vidéoflicage. Il faut des flics pour mater les écrans et pour aller pourrir la vie des gens mais il faut aussi des instalateur·ices de câbles et caméras, des concepteur·ices de nouveaux dispositfs de surveillance. Il faut des salles de surveillance et des labos, des yeux et des cerveaux. Peut-être même des sociologues et des statisticien·nes pour optimiser tout ça. Et pour former ces spécialistes, il faut des universités et écoles. Du nucléaire aux OGM en passant par l’industrie minière et celle de l’armement, c’est dans les universités et les écoles d’ingénieur/commerce/architecture… que se forme une partie non négligeable des serviteurs du pouvoir.
Car l’université est un des lieux où se développe et se conçoit le futur de ce monde d’horreurs. C’est là que sont conçus les métaux qui serviront aux bombes qui raseront des villages. C’est là que le capital prépare son adaptation au désastre écologique qu’il a lui même provoqué. C’est là que se développent les IA qui fliquerons nos moindres gestes. C’est là que sociologue et psychologue conçoivent des moyens d’étouffer nos révoltes avant même qu’elles ne naissent, ne nous laissant plus que le dégoût et la résignation….
L’université ne se contente pas de créer les méthodes d’oppression de demain mais participe à reproduire la domination actuelle. Parce que celleux qui parviennent à son sommet sont celleux qui sont favorisé·es par le système de domination capitaliste, patriarcale et raciste. C’est donc tout naturellement qu’ielles reproduisent et donc entretiennent cette domination. A travers son organisation extrêmement hiérarchisée, l’université continue le travail de l’école d’inculquer la soumission à l’autorité. Et prépare donc à l’exploitation qu’est le travail. Même le plus communiste des profs laisse le ménage des salles de classe à des femmes prolétaires, souvent racisées. La division entre sachant·e et apprenant·e reproduit et prépare cette société de donneurs d’ordres et d’exécutants. Parce que le savoir universitaire s’est construit et se construit encore sur l’exclusion et la violence. La médecine, particulièrement obstétrique, en est un parfait exemple. Des chasses aux “sorcières” au spéculum moderne développé sur des femmes esclaves torturée par un sadique. Nombre de savoirs et de techniques enseignée à l’université sont le produit de crevures (racistes, sexistes et autres) et continuent d’entretenir cela : du droit à l’histoire, de la sociologie à l’urbanisme.
Mais il est possible de changer tout cela. Parce que l’université reproduit et étend la domination, toute critique radicale contre l’université porte en germe une critique générale de la société. Quand les étudiant·es s’auto-organisent contre un prof harceleur ou agresseur, ielles peuvent non seulement lui faire manger sa merde mais aussi mettre en lumière tout le système patriarcal. Rendre gratuit les restaurants universitaires en bloquant les caisses peut être autre chose qu’une simple action “coup de poing” et amener une critique radicale du capitalisme. Pour cela il faut arrêter de considérer l’université comme un système à part. Voir que le CROUS n’a rien à envier à bien des marchands de sommeil. Cafards et punaises de lits (comme à Gradignan), moisissures, sous-équipement voir amiante (La Croix St Sylvère à Versailles). Que les chef·fes, quelque soient le titre qu’ielles se donnent ne méritent que des crachats.
Alors pour toutes ces bonnes raisons, et toutes celles que nous n’avons pas citée : « Fermons les écoles, rasons les prisons ».

campus ton doyen dans les orties

Poitiers est une des villes qui comportent la plus importante proportion d’étudiant·es : ielles représentent 40 % de la population. Dans ce numéro de la sinse, on veut s’adresser à celleux qui pour de multiples raisons se retrouvent à étudier ici. Celleux qui viennent s’entasser dans les chambres étroites des crouss, étouffer sous les combles, s’emmerder en amphi et oublier leur semaine dans les bars. Parce que nous pensons que ce moment est crucial. C’est une période intermédiaire, où l’individu n’est pas encore enfermé·e au travail et où ielle s’émancipe de la cellule familiale. De plus, les conditions de vie des étudiant·es sont en grande partie marquée par la pauvreté. Travailler l’été dans des tafs de merde pour un smic, faire des petits boulots à côté des études ou dépendre des aides sociales et de la débrouille font parti de la vie étudiante. Comme le crous et sécher les cours. Cette expérience en grande partie commune définit et structure le fait d’être étudiant·e, par-delà les domaines étudiées et le taf futur. Cette pauvreté est aussi le vécu de millions de personnes qui ne sont pas étudiantes, c’est face à cette pauvreté et au système qui l’engendre que doit se développer une révolte commune, par delà le fait d’être étudiant·e, ouvrier·e, chomeur·se…
Autant dire que les sois-disantes plus belles années de la vie riment souvent avec misère. Déjà merci pour les années qui font suivre et puis c’est aussi oublier que la fac reproduit les oppressions présentes dans le reste de la société. Ces oppressions provoquent nombre de souffrances, souvent tragique comme le suicide de Doona en 2020, victime de la transphobie institutionnel et de la pauvreté.
Malgré cela souvent les oppositions étudiantes restent dans le cadre de la démocratie parlementaire bourgeoise. Encouragée en cela par des « syndicats » étudiants, qui sont plus des co-gestionnaires de l’université que des organisations de lutte. Quand il ne s’agit tout simplement pas de réactionnaires, comme l’UNI. On a envie de proposer une ébauche de critique plus radicale de l’université et du monde scolaire que de demander des places en plus dans les amphis. Et à travers cette critique, cibler tout cet enchevêtrement de dominations que l’on nomme société. De voir que par delà des connaissances qui seront vite oubliés, il s’agit avant tout de façonner des mentalités disposées à rentrer dans le moule de la production, de la soumission à un temps décidé par d’autres, d’inculquer l’obéissance devant l’autorité instituée et l’acceptation des manigances politiciennes. Mais aussi comment la structure universitaires, parce qu’elle valide certains savoirs et en délégitime d’autres tout en étouffant certaines méthodes d’apprentissages, participe à l’oppression. Cette hiérarchisation exclut des individus en dépit de leur capacité et participe à la dés-autonomisation de toustes.
On s’adresse à celleux que les jeux politiciens révulsent, celleux qui rêvent de rayer la caisse de ce prof macho, celleux qui attendent la retraite. On s’adresse à celleux qui n’en peuvent déjà plus, celleux qui veulent plus que des miettes. On s’adresse à celleux qui veulent briser le silence et l’isolement.

campus complice

Depuis les année 60 les campus hors sol poussent dans les champs comme des champignons. La pensée sectorisée n’a aucun problème à reléguer les étudiant.es et/ou les pauvres aux confins des villes surtout à l’air de la mobilité tout bagnole. Poitiers n’y coupe pas. Les étudiant.es boursiers et étrangers ne pouvant pas se faire payer un appart en centre-ville, sont isolés dans cette non-ville qu’est le campus. Un entresoi où se juxtaposent les chambres aseptisées ou dégueux de quelques mètres carré, entouré de pelouse et de parking. Dans certaines fac, les espaces collectifs de sociabilisation étudiantes ressemblent à des couloirs où traînent quelques sièges et peut-être des tables si vous avez de la chance. Pas de quoi faire rêver. Après mai 68, la délocalisation des facs à un autre avantage, pacifier les centres-villes de la terreur étudiante. Loin des yeux, loin des peurs et plus de pavés sur les campus. Certaines domaines restent dans le centre de poitiers, ceux notamment qui ont un peu de prestige : la fac de management, celle de droit (master) bien ancré à droite et pas vraiment enclin à faire du grabuge et science politique (master) qui vont se faire assagirent par leurs voisin.es. Reste l’ovni des sciences humaines, secteur connu pour sa forte politisation et mobilisation lors des mouvements étudiants. Isolée des autres facs, avec des Unité de Formation et de Recherche (UFR) coupés en 2, une partie sur le campus et une partie en centre ville. Séparer les filiaires et les UFR, ça complique les rencontres, les prises de décisions et l’entraide entre filiaires. Autre moyen de couper court aux révoltes, les associations entre UFR aux tendances politiques historiquement opposées, exemple local : géo avec psycho, histoire et socio… C’est le cas à Renne également où la philo est avec le pole de sciences dures. Tout bénef pour l’administration, diviser pour mieux mater. Mais on peut aller encore plus loin, comme à Nanterre en 2001, où l’administration est allée jusqu’à construire des murs intérieurs pour séparer certains bâtiments. Tout ça dans le but de contrôler les mouvements et donc d’éviter les rassemblements. Ces séparations s’intègrent aussi dans la logique de privatisation de l’université, chaque UFR étant appelé à assurer sa propre autonomie com-merciale. Les facs suivent la tendance actuelle sécuritaire, faire flipper pour mieux enseigner. On notera des vigiles de plus en plus présents dans les facs pour contrôler les cartes étudiantes (pour éviter notamment que des personnes extérieures puissent aider lors des mouvements de facs), les sacs… voir même veiller à la « bonne tenue » des examens comme à Nancy (car ça a peur du bordel) ou comme avec les keuf aider à expulser des facs occupés. Avec le covid et la dématérialisation des cours, c’est la télé-surveillance qui prend le relais avec les examens surveillés par ta propre webcam. Vaut mieux pas avoir d’ordi ou dire que t’a pas de cam car certains dispositif relèvent du flicage de haut niveau : surveiller automatiquement les étudiants et leur environnement, et notamment de scanner la pièce à 360 degrés, voir ce qu’il y a sur ton bureau d’ordi, ne pas pouvoir sortir pisser.