Autour des violences sexuelles

Le texte et les brochures qui suivent parlent de sexualités et d’agression. Ce sont des sujets qui remuent, donc faites attention à vous avant.

Le système patriarcal ce n’est pas seulement des individus de pouvoir et des institutions qui perpétuent la domination masculine, c’est un véritable poison qui vient pourrir jusqu’à nos interactions quotidiennes. Lutter contre les violences sexuelles, c’est aussi bien déconstruire toutes ces pressions qui nous font accepter et tolérer l’inacceptable qu’apprendre à régler nos comptes. La culture du viol n’est pas le privilège de quelques ordures mais une culture dans laquelle nous baignons toustes. Il faut détruire un ensemble de mentalité, d’institution et d’individu qui l’entretiennent et en tirent profit.

Une étape indispensable est de comprendre les jeux de pouvoirs et de manipulations au sein de nos relations. Démasquer les pressions que l’on se met nous-mêmes, révéler les manipulations et violences qui conduisent à ce qu’une relation désirée entre des personnes ne se transforme pas en un asservissement aux désirs d’une seule ou à ceux que nous impose la société. Il s’agit aussi de détruir les représentations de la sexualité véhiculées autour de nous et de les remplacer par ce que nous désirons.
Pour continuer cette réflexion, nous vous conseillons les articles du blog antisexisme.net sur les « interactions sexuelles à coercition graduelle »

Entre les interactions librement consenties et celles qui sont qualifiées de violences sexuelles, il existe toute une gamme d’interactions qui dépassent nos limites à des degrés divers. Ces dépassements ne sont pas forcément considérés comme des violences, que ce soit par la personne qui les dépassent ou la personne dont les limites sont dépassée. Cela est liée au fait que nos représentations des violences sexuelles sont si dramatiques qu’elles conduisent à dissimuler un nombre d’actions qui nous posent probleme à divers degrés. Nous nous retrouvons privé.es de terme pour définir de manière appropriée ce que nous avons vécu.es.
C’est ce sujet qu’approfondis la brochure Nous sommes touTEs des survivanTEs, nous sommes touTEs des agresseurSE.

Mais une fois que nous avons identifié un comportement problématique, réussi à mettre des mots sur nos expériences et nos ressenties, que faire ? Surtout comment faire lorsque l’on refuse de participer au jeux des tribunaux et de l’Etat ? Pas une réponse unique mais une multitude de possibilités, de propositions qui peuvent se succéder comme se combiner. Cela peut aussi bien passer par des processus de responsabilisation et transformation des personnes qui ont blessés, que par l’exclusion ou autres. Cela peut aussi être une remise en question des comportements et normes sociales qui servent de terreau à ces agressions (par exemple certaines manifestations de la culture du viol ou des éléments de la culture de l’intoxication), la mise en place de groupes en non-mixité… Mais aussi en élargissant la question aux réflexions concernant la gestion des conflits de manière plus générale.
C’est sur cet ensemble de perspectives que des compas nord-américain livrent un retour critique dans Accounting for ourselves. En quelques pages sont évoquées les limites de ces méthodes ainsi que des idées pour les dépasser.

Parce que sur le sujet des violences sexuelles, un des éléments importants est d’aider aux bien-être des personnes concernées, nous ne pouvons que très fortement vous conseiller la lecture de la brochure Soutenir un-e survivant-e d’agression sexuelle.

Autodéfense face aux expulsions

La trêve hivernal prenant fin le 31 juillet, le bal sinistre des expulsions va pouvoir reprendre. Comprendre quelles sont les différentes étapes est un premier pas pour se défendre. Rappel important : une expulsion ne peut avoir lieu que si une décision judiciaire l’ordonne.

Dans tous les cas, le mieux est d’agir collectivement et de se faire aider le plus tôt possible. Cette fiche est extraite de la brochure éditée par le collectif anti-expulsions de Lille.

1. Les motifs pour enclencher une procédure d’expulsion

La dette de loyer : il faut au minimum deux mois d’impayés pour que le bailleur puisse enclencher la procédure, qui commence par le commandement de payer (avec un délai de deux mois pour régler la dette).

Le congé délivré par le propriétaire peut être donné pour motifs de vente, de reprise, ou motifs légitimes et sérieux (troubles de voisinage, dégradation…). Il doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception ou via un huissier 6 mois avant la date anniversaire du bail.

2. Assignation au tribunal d’instance

Si l’on n’a pas pu payer la dette ou si l’on n’a pas pu quitter le logement suite au congé délivré par le propriétaire, on peut être assigné au tribunal. Il est vraiment important de prendre contact avec une association de défense des locataires et/ou un avocat⋅e (avec l’aide juridictionnelle). Obtenir des reports d’audience pourra vous faire gagner du temps.

3. Audience au tribunal

Il est important d’être présent⋅e pour expliquer sa situation et se défendre. Dans le jugement, qui tombe quelques semaines après l’audience, peut être prononcé l’étalement du remboursement de la dette ou ordonné l’expulsion. Il est possible de faire appel dans un délai de 15 jours à un mois selon la procédure.

4. Commandement de quitter les lieux

Deux mois après la signification du jugement, un huissier vient vous remettre un commandement de quitter les lieux, qui ouvre un délai de deux mois pour quitter le logement. L’huissier doit informer les locataires des voies de recours. Vous pouvez saisir la commission DALO pour obtenir un relogement dans un HLM. Si la commission décide que votre demande est prioritaire, le préfet devra vous proposer un logement adapté avant toute expulsion. Vous pouvez aussi faire un recours devant le juge d’exécution (JEX) pour obtenir de 3 à 36 mois de délai pour quitter votre logement.

5. Tentative d’expulsion

Si les délais sont terminés, un huissier peut venir pour tenter de vous expulser. Il ne peut venir que de 6 h à 21 h, pas le dimanche, ni les jours fériés ni en période scolaire quand vous avez des enfants scolarisés, ni pendant la trêve hivernale. Vous pouvez refuser la tentative d’expulsion.

6. Demande de concours de la force publique

À la suite de votre refus de partir ou à votre absence lors de sa venue, l’huissier se tourne vers le préfet pour lui demander de pouvoir vous expulser avec l’intervention de la police. Après enquêtes, le préfet signe un arrêté autorisant l’intervention de la police ou non. Des recours sont encore possible.

Pendant la période de la trêve hivernale, entre le 1er novembre et le 31 mars de chaque année, ni l’huissier ni la police ne pourront venir vous expulser, exception faite des squats où aucun nom n’a été donné.

http://apuvieuxlille.org/wp-content/uploads/2019/08/Brochure-2.pdf

Dans le coin, vous pouvez contacter le DAL86 ou l’ADIL86.

autodéfense ortographe

Ortografe

Plus de 300 000 000 de personnes parlent français. Des langues françaises aux prononciations diverses, aux vocabulaires changeants. 300 millions de langues qu’une quarantaine de bourgeois voudraient voir soumises. 40 académiciens en costume qui souhaitent imposer leurs règles, leurs prescriptions. Des commandements à leur image évidemment, celles de vieillards blancs sexistes et réactionnaires. Ils sont contre l’écriture inclusive sous toute ces formes, contre les emprunts à d’autres langues. Le bon usage de la langue, c’est à dire le leur, les préoccupe tellement qu’ils ont une rubrique entière dédié à épingler tout ce qui leur déplaît. Comme un immense tableau macabre de collectionneurs de papillons.

De la même manière que les flics patrouillent dans les rues pour faire appliquer les lois écrites par les bourgeois du parlement, il existe des policiers de la langue. Des journalistes, des universitaires, des enseignants et une foule de médiocres qui croient briller en rabaissant celleux qui sortent de leur schéma linguistique. Qui croient ke le respect de normes absurdes leur donne une quelconque valeur et qui s’en servent pour rabaisser les autres, pour les normer, pour les exclure. Pour que la langue reste la chasse gardée des hommes blancs aisés. Pour que rien ne puisse menacer leur emprise.

Et si on se débarrassait de tout ça ? Pour que la langue reste et demeure vivante, pour kelle ne fossilise pas. Pour ne pas laisser des morts-vivants nous dicter nos existences. Pour que chacun·e puisse utiliser, créer, transformer. Il n’y a pas de faute lorskon se comprend, l’erreur c’est de les cherché. Devenir l’auxiliaire des dominants, chercher à les imiter est une perte de temps, une perte de soi. C’est les laisser envahir nos pensées, c’est devenir le valet de leurs volontés jusque dans nos paroles.

Écriture inclusive

L’écriture inclusive, c’est quelque chose de simple : arrêter d’invisibiliser les femmes jusque dan les textes. Rappeler qu’il y a des détenues, des autrices, des militantes, des avocates. C’est arrêter de faire du regard masculin l’unique point de vue. Rappeler dans l’ortograff, dans la grammaire qu’il y a des voix qui sont sans cesse étouffée. Pratiquer une langue inclusive, c’est commencer à penser et agir pour un monde qui le soit.

Nous n’avons pas choisis de normes pour féminiser nos textes, pour que chacune soit libre de choisir comment écrire, de choisir le moyen qui lui parle.

Non mais allô quoi !

Il nous viendrait jamais à l’idée d’inviter un flic à table, à une réunion ou en soirée. Pourtant en transportant un téléphone portable, et plus encore un smartphone, c’est bien les yeux et les oreilles de la surveillance que l’on invite en permanence dans sa vie.
Pour pouvoir communiquer entre eux, les téléphones se connectent à des antennes-relais. En recoupant les informations obtenues à partir de ces connexions, les flics peuvent reconstruire nos déplacements. Ils peuvent aussi utiliser des IMSI-catcher qui se font passer pour une antenne-relais pour choper toutes les informations (numéros de tel, SMS, MMS, contenu des appels). Pour les smartphones, qui possèdent des balises GPS, la précision est encore plus grande. Les données de localisation ainsi récoltées sont utilisées par les entreprises, aussi bien pour faire de la publicité géolocalisée qu’avec d’autres données pour obtenir des informations importantes sur nous permettant de nous exploiter toujours plus. Il est possible de connaître la fréquence des visites chez le médecin, le temps passé au domicile d’une personne et quelles étaient les autres personnes présentes à ce moment si elles aussi sont venues avec leurs smartphones.

De plus les micros des téléphones peuvent aussi être activés à distance et servir à nous espionner, que ce soit par google pour nous vendre des trucs ou par l’État pour nous surveiller. Ce dernier a d’ailleurs entrepris l’achat de 500 « kiosques », des dispositifs pouvant aspirer toutes les informations contenues dans le téléphone : les sms, les photos, les vidéos, les courriels, l’historique des navigations internet et de la géolocalisation, les historiques de mots de passe, le carnet d’adresse, les données, les notes et les messages des applis comme Snapchat, Facebook et même ceux des applis réputés sécurisées comme Signal ou Télégram ainsi qu’une partie des données supprimées.
Sans compter les diverses applications installées sur les smartphones, qui n’hésitent pas à demander de multiples accès dont elles se servent uniquement pour choper des infos sur toi : données de géolocalisation, accès au micro, aux images, aux sms, etc. Si en installant un jeu l’appli demande accès à la caméra, au répertoire et au journal d’appel, il faut s’inquiéter pour sa vie privée. Si tu es sous android, tu peux utiliser le store f-droid pour chopper des applis open-source et respectueuse de la vie privée. Tous ces mouchards peuvent également servir à tes proches pour t’espionner.
Le meilleur moyen de se protéger de tout ça reste de n’avoir ni smartphone ni téléphone. Mais il est quand même possible de se protéger un minimum, en se débarrassant des applications les plus intrusives du genre Facebook, Instagram, Snapchat ou autres. En installant un système d’exploitation open source qui ne soit pas conçu par les GAFAM. En se rappelant que les smartphones sont aussi des ordinateurs et que les bonnes pratiques à adopter pour l’un valent pour l’autre. En plus efficace, retourner à un modèle de téléphone qui ne soit pas un smartphone est aussi un bon choix.

Image : un cognito | texte : pot-au-feu

Numérique : des bonnes pratiques

Internet, un espace où on passe beaucoup (trop) de temps, pour s’informer, s’organiser, ou se détendre. Un espace pourtant pas du tout safe, où on est constamment espionné·e, où nos données sont enregistrées, conservées, vendues, utilisées par les GAFAM (google, amazon, facebook, apple, microsoft et consorts) pour s’enrichir, par les Etats pour nous surveiller. Et à celleux qui diront « je n’ai rien à cacher », nous répondrons que tout le monde à des choses à cacher, et heureusement. Et que pour rendre le net plus sur pour tout le monde, y compris celleux qui sont opprimé·es, qui s’organisent, qui luttent, voici quelques pratiques de bases à adopter au plus vite.

Oublier les GAFAM

Le modèle économique de ces entreprises, c’est de se faire de l’argent avec nos données. Elles en savent plus sur nous que nos proches, que nous-mêmes ! La solution ? Les logiciels et services libres et respectueux de la vie privée. Pour les trouver : framalibre.org et degooglisons-internet.org.

Navigateur

Si vous utilisez chrome, propriété de google passez à Firefox, qui est libre et qui défend la vie privée, et installer les modules complémentaires uBlock Origin et Decentraleyes. Et pour une navigation totalement anonyme, utilisez Tor Browser, qui permet d’empêcher le fournisseur d’accès internet ou des tiers de surveiller les sites qu’on visite et que les sites apprennent où l’on se trouve malgré nous.

Moteur de recherche

Oubliez google et optez pour DuckDuckGo ou Qwant, qui ne siphonnent pas vos données. Y’a aussi Startpage : les résultats google sans le pistage.

Mail

Microsoft, yahoo, google et tant d’autres ne se gênent pas pour filer des infos aux Etats et aux entreprises, les mails regorgeant de données sensibles en plus du contenu : adresse IP, localisation, heure d’envoi… Pour se protéger de cet espionnage, il est grand temps d’utiliser des boîtes mails respectueuses de la vie privée, mais aussi d’inciter les autres à le faire. J’ai beau avoir un fournisseur mail qui ne me traque pas, quand j’envoie un message sur une boite gmail, google enregistre mes données ! On vous invite vivement à passer sur Riseup, Autistici, Protonmail, ou encore Zaclys. Plus on est a être protégé, plus on fout leur surveillance en l’air.

Le numérique c’est fantastique, mais la meilleure manière de ne pas se faire pister, voir d’être anonyme, c’est encore de rester loin des claviers, de nos ordis et de nos téléphones. N’oublions jamais qu’avec un téléphone, on se ballade avec un mouchard dans la poche

pot-au-feu

Autodéfense : faire face à la police et à la justice

Au vue du climat actuel qui s’échauffe, quelques docs pour se défendre.

Face à la police / Face à la justice, Guide d’autodéfense juridique (2016)
infokiosques.net/spip.php?article538
Face à la police/Face à la justice propose une vue d’ensemble en 190 pages des procédures pénales courantes. Enquêtes, perquisitions, fouilles, contrôles d’identité, garde-à-vue, “plaider coupable”, prélèvement ADN, procès, peines, fichiers, droit pénal des mineurs : tous ces sujets, et d’autres, sont évoqués dans les différents chapitres. La machine répressive doit agir au nom du droit : connaître celui-ci, c’est apprendre la langue de son ennemi, c’est décrypter son idéologie pour pouvoir se repérer dans les méandres de ses dispositifs de répression. Il devient parfois possible d’échapper aux pièges les plus grossiers et d’user de tous les moyens, même légaux, pour s’en sortir au mieux.

Manuel de survie en garde à vue (2010)
infokiosques.net/spip.php?article1582
On aura beau décrire comment marche la GAV, dans la loi ou dans les faits, on passera toujours à côté d’un point essentiel : comment s’en sortir au mieux, sans aggraver son cas. Il faut avoir bien en tête qu’en GAV on cherche à tout prix à faire parler, à obtenir des aveux. Il importe donc de savoir comment on s’y prend du côté des flics, où est la part de bluff, et où on court un risque en mettant des bâtons dans les rouages de la machine judiciaire (notamment en refusant le fichage). Nous présenterons donc la GAV dans cette perspective : ne pas parler. S’il est nécessaire de s’y tenir, c’est parce que les tribunaux n’ont alors personne à envoyer en prison. Pas de preuves, pas d’aveux, pas de PV : pas de coupable.

Guide du manifestant arrêté (2019)
syndicat-magistrature.org/Le-Guide-du-manifestant-arrete-mis-a-jour-2019-1023
Pour tout savoir sur vos droits si vous êtes : contrôlé·e, arrêté·e, accusé·e, jugé·e en comparution immédiate, fiché·e. Par le syndicat de la magistrature : très jargonneux, mais à jour des dernières lois répressives de 2019.