avortez-moi

En juin dernier, la cour suprême des états-unis a abrogé le droit à l’avortement, laissant ainsi chaque état faire leur tambouille et décider si oui ou non les personnes enceintes pourraient encore avorter légalement. En octobre 2020, c’est la pologne qui restreint encore un peu plus les possibilités d’avortement (déjà mince), dorénavant autorisé uniquement pour protéger la « vie » ou la santé des personnes enceintes, ou quand la grossesse résulte d’un viol. Sachant comment la reconnaissance des viols est simple dans ce monde patriarcal, on imagine l’horreur de la situation pour les victimes. Toujours en octobre 2020, 35 états (dont les deux cités plus haut) ont signé la Déclaration de consensus de Genève sur la promotion de la santé de LA femme et le renforcement de LA famille. Rien que le nom ça fait rêver. Des états qui ne peuvent pas se piffrer sur le plan politique ont signé un texte en commun pour cracher sur l’existence d’un droit à l’avortement international et sur l’obligation des états à faciliter ou financer des avortements. Apparemment l’ingérence sur les corps des personnes sexisées ça met tout le monde d’accord.
En france, quand tu veux avorter et même si c’est «_légal_», les locaux sont les mêmes que pour les personnes sur le point d’accoucher, histoire de bien te faire sentir que tu es une erreur dans la matrice de la reproduction de la vie, un bug dans le modèle de la famille hétéro-patriarcale. La culpabilisation te tombe dessus alors qu’un ovule ça se féconde pas tout seul (ou si mais c’est désiré dans ce cas là) et que la charge contraceptive est toujours très largement portée par les assignées meuf. Les idées conservatrices pro-life sont toujours présentes dans le paysage français, portées notamment par les fanatiques catho et facho dans leurs églises et leurs écoles. On peut citer la fraternité pie X qui a près de 200 lieux de culte (la chapelle de l’Immaculée Conception à Poitiers, la collégiale de Thouars, un pensionnat pour filles à Romagne…), les Survivants, Sos tout petits, la Fondation Lejeune et par le biais de la Lejeune Académie qui s’est tenue au domaine de l’abbaye de Pontlevoy (41), iels commencent à enrôler de plus en plus tôt. Et tout ce beau monde se retrouvera le 16 janvier à la marche pour la vie à paris.
Tout ça pour dire que les conditions d’accès à l’avortement ne vont pas continuer de s’améliorer. Et il restera toujours des personnes qui n’auront pas accès à ce ‘droit’ car sans papier, sans sécu, mineure, pauvre, trans, ayant dépassé le délai légal des 12 semaines (délais légal en france), car malmenée, horrifié, influencé par le personnel médical, ou situé dans un désert médical aux délais de prise en charge trop long…
Nos corps sont entre les mains des institutions. Nous sommes dorénavant tributaires du bon vouloir de politicien·ne et des médecins pour gérer nos vies et nos envies ou non de reproduction. Une pratique légale un jour peut devenir illégale le lendemain, voilà les limites des droits et des lois.
La légalisation de l’avortement en france en 1975 a certes contribué à sauver la vie de personnes enceintes qui pratiquaient des avortements de manière risqué mais elle a aussi criminalisé toutes les pratiques sortant du cadre imposé par l’ordre médical institutionnel. Le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contrecaption) s’est battu ouvertement à partir de 73 pour la réappropriation des savoirs et pratiques médicales autour du corps des femmes et plus discrètement pour diffuser l’auto-avortement notamment avec la méthode Karman (par aspiration) simple et peu risquée. La répression est tombée sur certaine membre du MLAC et les groupes locaux se sont dissous dans les années 80. L’avortement par les plantes était également un savoir historique connu et transmis. Bien que les plantes soient de retour sur la scène de l’auto-médication, par le biais de bouquin, de brochures, faut se le sentir pour s’avorter sois-même et faire confiance aux gratte-papier qui peuvent être à peu près n’importe qui. Les savoirs directs transmis de personnes à personnes, avec une pratique et une expérience concrète sont rares, difficilement trouvable car toujours criminalisés, les initiatives collectives et autonome réduites à néant. En étant dépossédées des pratiques et des connaissances propres à nos corps nous sommes devenues dépendantes de ce système et dans l’impossibilité de pouvoir faire les choix qui nous conviennent.

Au états unis et sûrement ailleurs, il existe encore (mais pour combien de temps) des groupes pratiquants l’avortement auto-géré, le groupe Jane ou le groupe Boston Women’s Health Collective. Et il existe encore des personnes pour faire entendre leurs voix et porter leurs idées dans les actes.

Eglise Saint John XXIII de Fort Collins vitres détruites et tags – Entrée de l’organisation anti-avortement Oregon Right to Life à Keizer endomagée aux molotovs – Asso anti-avortement à Madison 2 vitres brisées et molotov lancé à l’interieur – Centre de grossesse anti-avortement Next Step Pregnancy Center à Lynnwood vitres détruites – Centre de grossesse anti-avortement Mountain Aera Pregnancy Services à West Ashville porte brisée – Centre de santé des anti-avortement CompassCare à Amherst incendié et tag « Jane was here » – Centre anti-avortement de l’organisation chrétienne fondamentaliste First Image de Gresham incendié – Centre de grossesse Hope de Philadelphie vitres bisées – Manif sauvage à Portland banque, commerces et centre anti-avortement aux vitrines détruites – Siège des députés et scénateurs du Vermont 7 fenêtres détruites et tag disant « si l’avortement est menacé, vous l’êtes aussi »…

vener

Depuis tout·e petit·e je pige pas ce monde, chaque jours je suis confronté·e à cette incompréhension.
J’ai cette question en tête depuis bien longtemps
Pourquoi ne naît on pas libre ?
Et pourquoi n’est on pas libre de ne pas donner la vie ?
Ben parce qu’on est pas libre de disposer de notre corps comme on veut.
Je me sens enfermé·e et ça me brûle de l’intérieur.
Obliger d’aller à l’école, obliger de travailler, obliger de payer encore et encore au prix de ma liberté ! Ma liberté d’ailleurs de ne pas procréer sans jugement, ni injonction, elle est où ?
J’ai lu et je lis encore des témoignages sur le refus d’ivg, que dans certains pays c’est encore un crime. Que suivant quel guignols sont au pouvoir cette liberté d’avorter est retirée.
Je me rappelle de ce jour ou je me suis dis bon ça fait assez longtemps que je veux pas de gosse on va se renseigner sur comment virer tout le bazard et être tranquille une bonne fois pour toute.
Ben j’ai pleurer en lisant les témoignages des nombreuses personnes dotées de ce sacro saint utérus qui se sont vues refuser une opération qui ne regarde qu’elleux. LE combat, la violence des propos des « professionnels » et la remise en question*
permanente de leur choix. J’ai eu peur longtemps, j’en ai parlé autour de moi timidement de ce choix. Trop souvent jugé·e avec cette fameuse phrase «Mais tu changeras d’avis».
Ce à quoi je répondais : «C’est pas parce que j’ai un utérus qu’il doit forcément servir.»
J’aurai voulu naître libre de vivre ma vie comme je l’entends, d’apprendre à mon rythme les choses qui m’intéressent et ne pas être jugé·e pour mes choix. A quoi bon procréer encore aujourd’hui, le monde brûle dans tous les sens du terme.
Je veux pas faire naître un enfant dans ce monde, je le hais déjà assez pour que cet enfant ai à le subir lui aussi.
C’est égoïste de penser à faire des enfants encore aujourd’hui. C’est quoi la vie qu’on leur offre si iels ne disposent même pas de la liberté de disposer de leur propre corps ?
Le monde dans lequel on vit me consomme et me consume mais ne m’éteins pas.
Mais ce n’est pas une impression, c’est une vie mortifère avec des bribes d’espoir…
Des camarades aussi enragé·es que moi m’offrent cet oxygène qui me manque. Des noms de professionnels sous le manteau, des personnes a pénis qui passent sur le billard pour une vasectomie. Avec comme retour de bâton les nombreux jugement sur la perte de leur virilité… mais au moins c’est un peu plus simple quand on a un phallus. Ça aide un peu celleux qui n’ont pas accès aux privilèges du zgueg a risquer de moins tomber dans les dédales de cette quete des spécialistes. Qui peut etre voudront bien sous conditions multiple te faire l’honneur de disposer de ton corps comme tu l’entends. Mais cela ne calme pas ma rage, ni ne règle le problème de cette société patriarcale. Ce sont des miettes de liberté pour tout cet océan de merde que porte sur le dos ces milliards de personnes à utérus qui veulent simplement se débarrasser d’un poids en plus.
J’ai envie de tout péter, crier, réveiller ces gentes qui valorisent le discours pro vie ou qui se sont résignés à accepter que la vie c’est ça.
Je n’accepte pas, je n’abdique pas et je souhaite que les générations à venir puissent choisir comment iels vivront leurs vies.

Pour les enfants que je n’aurai pas mais pour ceux qui sont déjà la et qui subissent déjà ce monde ma colère ne s’éteindra pas.

Vener

Antisémitisme et racisme

En 1942, alors secrétaire général de la préfecture de la gironde, maurice papon (1910 – 2008) participait à l’organisation de la déportation des juifs. Après la guerre, en tant que préfet il deviendra un zélé rouage de la politique coloniale française en algérie. Dès 1958, il devient préfet de police de paris où il organisera un important dispositif de violence d’état contre les algérien·nes en couvrant systématiquement tous les crimes policiers les visant. Un des points culminants de cette politique est le massacre du 17 octobre 1961 où plusieurs centaines de personnes désarmés (selon la demande du FLN) protestant contre le couvre-feu seront massacrés par la police parisienne.
Ce petit exemple, loin d’être complet, nous montre que du génocide des juifs aux massacres des populations colonisées, on retrouve une continuité de structures et d’individus. C’est la police qui hier raflait les juifs qui aujourd’hui expulse, enferme dans les camps et déporte les migrant·es. C’est l’ordre des médecins, fondé par pétain en 1940, qui dénonçait les médecins juifs et qui aujourd’hui ne fait rien contre le racisme dans le milieu médical (visant soignant.es ou patient.es). C’est bien évidemment le clan le pen, eric zemmour et autres politiciens. C’est l’Oréal, fondé par un antisémite fasciste en 1909, qui servit de repère à toute une partie de l’extrême-droite après la seconde guerre mondial et qui fût condamné en 2007 car l’entreprise refusait d’embaucher des arabes, des noires et des asiatiques. Ou qui continue de faire fortune en promouvant un idéal de beauté raciste et en vendant des produits toxiques promettant de «_blanchir_» la peau.
Il nous faut déconstruire nos stéréotypes, les clichés qui nous divisent, bâtir les solidarités concrètes entre les opprimées, produits de la compréhension mutuelle des dominations contre lesquelles nous souhaitons nous révolter ensemble.
Les fachos disent que les juifs contrôlent les banques, mais c’est bien ces mêmes banques qui ont aidé les nazis à piller et dissimuler les biens accaparés aux déporté·es : du Crédit Suisse à la Deutsch Bank en passant par les 106 établissements bancaires français. Ces mêmes banques qui aujourd’hui encore huilent les rouages du système colonial et extractiviste. On voudrait nous faire croire que les juifs sont « communautaires », mais n’est ce pas là le terme qu’utilise le pouvoir pour désigner toutes celleux qui s’organisent contre son oppression ? N’est-ce pas-là, le terme brandi dès lors que s’organise une discussion ou atelier en non-mixité ? L’antisémitisme est structurel, il repose sur les mêmes moyens et les mêmes buts que les autres racismes. C’est la disparition (déportation, exode ou massacre) ou l’assimilation, la dissolution dans le fantasme national. Assimilation révocable à n’importe quel moment, sous n’importe quel prétexte. Voilà que l’état colonial d’israël massacre de manière plus visible que d’habitude, et chaque juif·ve devint responsable, chaque synagogue considéré comme un avant-poste de l’armée d’occupation. Mais le simple fait de manger kasher ne rend pas responsable de la Nakba. Comme faire le ramadan ne rend pas responsable des massacres de l’état islamique.
Les racismes sont des constructions sociales et historiques. Ce sont les productions des religions, de l’esclavage, des colonisations et conquêtes, des états-nations ou du mode de production capitaliste. On ne peut pas espérer y mettre fin sans en détruire les racines mêmes. Ces racines produisent des clichés qu’il nous faut déconstruire mais s’incarnent aussi dans des objets matériels et des individus sur lesquels il est possible d’agir. Ainsi, la frontière n’est pas qu’une ligne absurde sur un papier. C’est des contrôles, des centres de rétention, des locaux des douanes et de la PAF… L’esclavagisme, comme le génocide des juifs (et le travail forcé), n’est pas un événement historique terminé, mais l’origine de nombreuses fortunes actuels en france (de Chanel à Lafarge). Ce sont des maisons de maître, des distilleries de rhum, des entreprises de négoces, des usines…

Justice patriarcale

A. est devant le tribunal pour menaces de mort et coups de pied sur O, iels ont eu un enfant ensemble. A a déjà été condamné pour des violences sur O. Il justifie ces violences par un discours machiste : « Elle me trompait aussi, c’est le tout qui fait ça ! Je suis coupable… mais je suis victime un peu aussi ! ». Bref, encore une crevure de mec qui considère les femmes comme des marchandises, comme des biens dont on peut être propriétaire. Il partira purger dix mois ferme, où il pourra se plaindre avec d’autres agresseurs là pour les mêmes raisons de ne plus pouvoir traiter leurs compagnes comme leurs meubles.
Si visiblement les juges commencent à considérer que les femmes sont des êtres humains, ce n’est pas encore gagné pour les enfants. Puisque malgré les violences, A. pourra continuer d’exercer « l’autorité parentale ». Et donc à continuer d’exercer un pouvoir de nuisances sur O. et l’enfant. Dans l’immense majorité des violences dites « conjugales », les violences continuent même après la séparation et les hommes violents se servent de ce lien pour harceler, manipuler et menacer les mères. De plus, d’après une enquête Unicef de 2003, 40 à 60% des enfants témoins de violence conjugale sont victimes de violences par l’auteur des violences conjugales.
Ce que les juges protègent ce n’est ni O., ni l’enfant, mais le système patriarcale et un de ses dérivés : la famille.

Confession

Ce vendredi 13 mai, deux procureurs ainsi que l’archevêque pascal wintzer ont signés à poitiers un protocole concernant les violences commises par des membres de l’église catholique. Trois petites signatures pour donner le change. Faire croire que l’église a changée quand elle se contente de fixer une journée de prière collective et de signer des papiers sans valeurs. Tout cela est évidemment un jeu de dupe qui cherche à faire croire que la protection que l’église à offerte aux agresseurs et violeurs pédophiles n’était pas la conséquence structurelle d’une organisation patriarcale dont l’idéologie empêche les femmes et les enfants de disposer librement de leurs corps. L’église catholique s’oppose encore actuellement à l’IVG mais est aussi fondamentalement homophobe et transphobe. Mais cette opération de com’ ne pourrait pas avoir lieu sans les pisses-merde de la presse local, comme Vincent Buche. Fin philosophe, celui-ci écrit : « Ce protocole ne règle pas forcément tous les problèmes moraux auxquels peut-être confronté un prêtre, notamment en relation avec le secret de la confession.». Une manière pour le moins particulière pour évoquer les violences sexuelles commises par les religieux, couvertes par leurs collègues et leur hiérarchie qui ont faites, rien qu’en fRance, plusieurs milliers de victimes. Le rapport Sauvé estime que depuis les années 50, l’église catholique a été le refuge de près de 3 000 violeurs pédophiles. De même, «Tout signalement émanant soit directement d’un membre de l’Eglise (prêtre ou laïc) ou via l’autorité épiscopale (qui disposera d’une adresse mail dédiée) donnera lieu à des investigations.». Visiblement il faut faire partie d’une organisation complice de génocides, de l’esclavage et s’opposant aux libertés les plus élémentaires pour que sa parole ait la moindre valeur aux oreilles de la flicaille. A moins bien sur que tout ceci ne soit qu’une mise en spectacle du minimum. Le 27 novembre 2021, pascal wintzer déclarait dans le torche-cul la croix, aux victimes de mettre leur douleur en veilleuse, de pardonner aux agresseurs et de refuser tout changement dans l’église. Le 18 octobre 2020, au chili, des rebelles iconoclastes incendièrent deux églises à Santiago. L’une était dédiés aux flics, le presbytère de l’autre avait servit de centre de détention et de torture durant la dictature militaire de pinochet. Et si nous avons une confession à faire, c’est que tout cela nous semble une manière plutôt efficace de régler le problème qu’est l’église catholique.

Lectures revanchardes

• Les orageuses / Marcia Burnier / ed. Cambourakis

C’est un petit bouquin, qui fait autant du bien qu’il tape là où ça fait mal, au cœur de l’hétérocispatriarcat. Sans trop être enrobé de fioritures, voir presque pas assez (on aimerait parfois en savoir un peu plus sur les personnages), on suit des bribes de vies reliées par une même envie. Une envie de vengeance, de violence collective par celleux qui se sont fait marcher dessus. Ça ne parle que de cela, un peu des dérives, des doutes aussi. Et ça fait du bien dans une fiction, d’avoir ce point de vue, celui des survivant.es amoché.es mais pas victimisé.es, et cette perspective, celle qui nous redonne la force et la capacité d’agir surtout quand on est épaulé.es.

Toute rage dehors/ infokiosque.net

Tu trouveras une compil de textes mettant en mots des actes de ripostes et de vengeances concrètes. Des mots de colère, de frustration mais aussi de joie et de plaisir. Ça va du récit d’expérience perso au communiqué d’action collective. Pour donner des idées, des envies, des moyens d’agir contre celleux qui perpétuent et profitent de la domination sexiste. Mais aussi pour nous questionner dans notre propre rapport au conflit, à la violence et faire notre chemin perso là dedans sans suivre une voie toute tracée.

Les petits colibris de l’extrême droite

Pour se diffuser les idées ont besoin de mots. L’extrême-droite, la droite, ou plutôt toutes les personnes ne reconnaissant pas l’existence des oppressions systémiques et ne luttant pas contre, mettent en place des termes pour véhiculer leurs idées de merde. On a vu fleurir le concept de théorie du genre, de cancel culture, d’islamo-gauchiste… On les retrouve dans les discours des policien·nes et relayé dans leurs médias. Mais malheureusement leur diffusion ne s’arrête pas là, et tels des petits colibris de l’extreme-droite, les mots et les idées sont reprises dans tous le spectre politique, chacun·e faisant sa part pour les rendre acceptables. La droite n’est pas en reste, elle reprend à sa sauce des concepts (l’affiche « liberté » de marine le pen) et revisite l’histoire sans aucun problème (théories révisionnistes en plus des faits habituellement passés sous silence). Il n’y a plus de vérité des faits, les mots sont vidés de leur sens et des théories improbables sont acceptées. Dans cette confusion ambiante, il nous parait important de ne pas céder à cela et donc de ne pas accepter des discours confus peu importe d’où ils viennent.

La cancel culture est une expression fourre-tout, inventée par la droite américaine pour disqualifier certaines revendications en matière de justice sociale. C’est un ensemble de réponses à l’impunité des dirigeants et à l’effacement des dominations. Et pourtant la cancel culture fait aussi peur à gôche (charli hebdo par exemple qui a peur de la censure populaire). Quand les personnes qui se font marcher dessus décident de dénoncer et d’agir sans avoir recours au système judiciaire que l’on sait complice des gens de pouvoirs, c’est la panique. Quand on boycotte le film d’un violeur ou qu’on toy un graff qu’on trouve nase, c’est la panique. Quand on veut dégager une statue de colon esclavagiste, c’est la panique. Que ce soit sur internet ou dans la rue ces « annulations » sont un moyen d’action face aux puissan·es.
L’acheter français gangrène certains cerveaux. Derrière ces mots n’y a-t-il pas des relents de protectionnisme nationaliste. Le silp français n’est-il pas produit par des travailleureuse francais·es exploité·es. L’usine en france n’est pas plus reluisante que celle en pologne. On a envie de crier au PCF que sont des exploité·es où qu’ielles soient.
Le mot migrant.e a remplacé sans papier. Une manière de reporter les problèmes sur leur passage alors que ce qui est merdique ce sont ces frontières étatiques et ces bouts de papier appelé carte d’identité qui te donne des avantages de passage ou te relègue dans les marges.
La théorie du genre, est une expression créee pour décrédibiliser la prise en compte du genre dans la sociabilissation des gosses. Attention à vous, la « théorie du genre » va transformer les filles en garçons et les garçons en filles, avec une idée très précise de ce qu’est une fille ou un garçon (entre les deux rien n’existe évidement !). Comment un concept comme celui là a pu se retrouver au programme d’une discussion à la grotte, à poitiers, un lieu ou les personnes se reconnaissent plus dans les squatteureuses que dans les huissiers ? Une des luttes de la manif pour tous est crédibilisée dans le milieu libertaire et se diffuse tranquillou, sans questionnement sur l’origine de cette théorie fumeuse.

Les mots engendrent la mise en place de pratiques. Cela amène souvent à des phénomènes d’exclusions, de rejet et de stigmatisations des minorités.
On peut parler du courant « féministe » TERF (trans exclusionary radical feminism), qui ne se revendique pas toujours ouvertement sous cette appellation, mais qui, par des pratiques et des oublis volontaires excluent les meufs trans des luttes féministes. Radicale oui, dans certaines de leur action, mais pour nous la radicalité, c’est de lier toutes les luttes et les causes des oppressions. Les TERFs basent les oppressions sexistes sur le vécu d’un corps féminin stéréotypé (reproducteur, avec des organes génitaux femelle binaire) et invisibilisent le sexisme vécu par les trans. Nous pensons que le sexisme est lié au genre que nous performons, perçu par la société. Que ce soit des féminismes aux anarchismes, n’importe qui se doit de se questionner sur, qui iel oubli, qui iel stigmatise.

Sur cette question de l’oubli, il y a une marge de tolérance face à des personnes n’ayant jamais été confrontée ces questions. Seulement, jusqu’où va l’ignorance ? Nous ne pensons pas que les Terf oublient, car elles se confortent dans cette exclusion, nous ne pensons pas que les anti-tec actuels comme PMO oubli que leurs propos sont validistes et sexistes, car cela leur a déjà été dit et que rien ne change dans leurs discours, nous ne pensons pas que les habitants légalisés et propriétaires de l’ex-zad de nndl est oubliés dans la lutte les personnes faisant le choix (ou étant contraint) d’occuper illégalement. L’oubli a bon dos pour mettre des questions de côté ou des gens, des choses que l’on trouve plus facile d’omettre, car cela colle mieux à des théories ou parce que cela facilite des pratiques.

On trouve ça dégeux de piocher tranquillement ce qui nous arrange ou des idées créées par la droite et de s’opposer farouchement à d’autres, c’est comme s’il y avait les mots de haines tolérables et ceux qui ne le seraient pas. Et donc on continuera à s’opposer à tous ces discours, à toutes les personnes qui les diffusent, qu’ielles brandissent un drapeau noir, rouge, violet ou bleu/blanc/rouge.

Le bus ne passera pas

 

La part payée par les usager·eres de Vitalis représente seulement 20 % des recettes. Cet argent sert avant tout à payer les dispositifs pour contrôler le fait que les usager·eres payent (contrôleur·euses, tickets, machines, gestion administrative des abonnements…). Ce contrôle visent à restreindre la mobilité des populations les plus pauvres qui ne rentrent pas dans les critères (par exemple les sans-papiers) ou n’ont pas les moyens de faire les démarches (personnes juste de passage par exemple).
La gratuité du bus faisait partie du projet de l’actuelle équipe municipale mais semble désormais totalement enterrée. Malgré cela, de nombreu·ses « désobéissant·es civils » continuent de refuser de payer pour se déplacer. Malheureusement, la mentalité policière gangrène de plus en plus de cerveaux. Le 28 décembre dernier, une conductrice à décidée de jouer la contrôleuse. Le désobéissant interpellé ne s’est pas laissé faire et à réagi à l’excès d’autorité. C’est cette réaction que les médias appellent agression.
Pour répondre à la situation, les grosses têtes de la direction de Vitalis et des syndicats ont cogités dur : 4 contrôleurs de plus et des vitres plus épaisses. Bref encore plus de flicage et de surveillance, comme si les caméras dans les bus n’étaient pas déjà de trop.
Tout cela pour que les pauvres continuent de raquer pour aller au travail, à l’école, à la fac, au supermarché, à l’hôpital… Tout cela pour éviter de remettre en question le fait que les conducteurs de bus se comportent comme des merdes.
Comme nous le montre notamment l’histoire l’histoire d’un passager en mai 2020. Parce qu’il ne portait pas son masque comme le chauffeur le voulait, celui-ci a bloqué les portes pour l’empêcher de descendre à son arrêt et décide de rameuter des contrôleurs. Le passager, accusé de manière mensongère d’agression, il a été relaxé lors du procès qui s’est tenu récemment.
Si les chauffeurs se comportent comme des flics, qu’ils ne s’étonnent pas de se faire traiter comme.

Dépasser la défense de territoire

La lutte contre les bassines est une lutte bien vivante : manifestations, sabotages et soirée de soutien sans compter évidemment toutes les actions diverses et variées. Nous soutenons cette lutte et cela fait déjà un moment que nous en parlons dans ce modeste torchon.
Les bassines font partis des processus d’adaptation du capitalisme à la catastrophe climatico-écologique dont il est à l’origine. Comme tout ces processus d’adaptation (de la voiture électrique à l’éolienne industrielle), elles ne feront qu’aggraver la situation. Ainsi je pense que la lutte des bassines doit se concevoir comme un support spécifique et concret de lutte contre un ensemble largement plus vaste et plus difficile voir impossible à saisir dans son entièreté. Parce qu’il s’agit seulement d’un rouage de la méga-machine, il me paraît important que cette lutte serve aussi à élargir et approfondir la critique contre le reste.
Nombres d’opposants notent que les bassines servent à la culture de maïs fourrage, destinée à alimenter les animaux d’élevage. Ceux dont les cadavres et les sécrétions, une fois devenues marchandises sont renommées viande et lait. Cette information aurait dû conduire à inclure des réflexions et pratiques anti-spécistes dans la lutte. Car l’élevage, sous toutes ses formes, est une nuisance. Une nuisance à la vie car il est inacceptable d’enfermer, de reproduire de force et de tuer des êtres qui ressentent la douleur pour le prétendu plaisir gustatif de quelqu’un·es. Une nuisance écologique car la question de la gravité des dommages écologiques produit par l’élevage ne dépend qu’à la marge du mode d’élevage. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre des bovidés ne changent pas fondamentalement si ils se nourrissent d’herbe dans les champs ou de fourrage (l’élevage représente 14,5 % des émissions de gaz à effets de serre).
Une nuisance sanitaire, l’élevage pollue les sols et les cours d’eau mais est aussi le lieu d’incubation et de mutation des maladies de demain : développement des résistances aux antibiotiques, transmission des animaux d’élevage aux humains…
Les bassines sont, pour simplifier, une réponse technique à une question simple : comment permettre que malgré le fait que tout va changer tout puisse continuer comme avant ? Comment permettre que la chaîne industriel de la viande et du lait puisse continuer de produire de la marchandise et générer du profit ?
Les réflexions et luttes antispécistes permettent d’ouvrir un nouveau champ d’action contre les bassines, en proposant un non ferme et définitif non seulement à réponse technique mais à la question. Si les bassines sont tant défendues, c’est parce qu’elles sont un des maillons clés de l’agriculture industrielle et de l’élevage. Derrière les grands céréaliers se trouvent les éleveurs qui utilisent le maïs fourrage, les laiteries et abattoirs qui transforment les cadavres et les sécrétions issus des stabulation… Et les banques qui fournissent les liquidités, huilant ainsi tout les rouages. Une chaîne qui va des bassines de Mauzé-sur-le-Mignon à l’entreprise Bonnilait à Chasseneuil du Poitou en passant par le Crédit Agricole et Groupama. Ces projets de bassines se font grâce à tout un système, cela doit être prise en compte dans les réflexions comme dans les pratiques.
Prendre en compte les réflexions antispéciste, implique aussi de remettre en question des éléments de l’alliance hétéroclite anti-bassine. Comme la question de la présence des fédérations de pêche qui se préoccupent de la pollution et des manques d’eau car elle pourrait impacter leur loisir meurtrier. Celle de la vienne se range du côté des irriguant, celle des deux-sèvres contre les bassines.
Que les bassines se construisent ou non, il est déjà trop tard pour espérer préserver encore longtemps ce mode de vie privilégié dont la consommation massive de produits animaux est un marqueur. Ce mode de vie est le produit de massacres : passés, présents et à venir. Le refuser dès maintenant, c’est une manière concrète de s’y opposer.
Ces critiques peuvent être posés dans de nombreuses luttes qui peinent souvent à lier le spécifique au général, le local au global, le personnel au structurel. Penser ces liens permet des luttes horizontales, forte, vivante et résistante aux méthodes actuelles de la répression.

L’église tue

Retrouvée collée dans la nuit du 18 au 19 octobre, l’affiche reproduite à gauche et reçue par mail ne fait que dire ce dont chacun·e se doute. Mais ce n’est pas seulement l’union chrétienne le problème mais toute l’institution catholique : du pape aux curés, des écoles aux églises, des camps scouts à emmaüs.
Cette église qui défend et exfiltre les violeurs d’enfants (plus de 300 000 victimes en 70 ans rien qu’en france). Une pratique courante de l’église catholique est de déplacer les religieux accusés de violences sexuelles vers d’autres paroisses, voir d’autre pays. On pense ainsi aux prêtres lyonnais couverts par le cardinal barbarin mais aussi à l’institut catholique Provolo de Mendoza en Argentine. Un institut pour enfants sourds et muets où étaient transférés des prêtres violeurs pédophiles sévissant en Italie.
Cette église qui a toujours été du côté des oppresseurs et des génocidaires. Des conquistadors au génocide des tutsis au rwanda où l’église catholique (notamment les pères blancs et l’internationale démocrate chrétienne) à crée et diffusée la matrice idéologique du projet génocidaire mais dont les membres y ont aussi participé, qu’ils soient ou non hutu. Comme le père blanc italien Bérôme Carlisquia qui a formé des tueurs et participé aux tueries. L’organisation Caritas International, dont dépend le secours catholique français, à notamment commandé et distribué des machettes qui serviront aux génocidaires. Le pape ira même jusqu’à propager la théorie négationniste d’un deuxième génocide, cette fois des hutus, une affirmation totalement fantaisiste servant uniquement à justifier le génocide des tutsis. Et comme pour les nazis, l’église catholique a exfiltré et couverts nombre de génocidaires.
Cette institution qui continue d’opprimer les femmes et les LGBTQI+. Ce catholicisme qui continue d’empêcher de disposer de son corps, que ce soit pour avorter, transitionner ou simplement baiser. Cette même chape morale qui empêche d’agir efficacement contre les maladies sexuellement transmissible.
Ce catholicisme de la soumission au travail et au patron, outil bien utile de la bourgeoisie. Ce n’est pas un hasard si les compagnons d’Emaüs malgré leur travail sont payés moins que le smic horaire, ne bénéficient pas des droits chômages et peuvent être virés du jour au lendemain (entre autre abus de pouvoir). Des individus en difficultés sont exploités sans vergogne sous couvert d’une pseudo-réinsertion qui n’arrivera jamais.
L’église est depuis toujours le compagnon de route de la vermine fasciste. Le vatican redevient un état à part entière grâce à Mussolini et les prêtres furent des soutiens et instruments fervents du régime franquiste.
On pourrait continuer à égrener et détailler les atrocités de l’église catholique pendant des pages mais nous préférons terminer sur des évènements survenus au canada cet été qui nous rappellent qu’il n’est jamais trop tard pour agir. Durant le mois de mai et de juin, des fouilles près de pensionnats catholiques pour les enfants autochtones conduisent à la découverte de près d’un millier de tombes anonymes, majoritairement d’enfants. Illustrant les tortures subies par ces enfants autochtones, victimes d’une politique de soumission et d’extermination des natifs mises en place par l’état colonial canadien et l’église catholique. Près de 150 000 enfants auraient subis ce génocide culturel et ce jusqu’en 1990, au moins 4 000 y ont été tuées.
Mais ces exhumations de cadavres d’enfants ne sont pas juste venus allonger la déjà immense liste des horreurs de l’église. Puisque deux jours à peine après la découverte des 750 tombes, c’était deux églises installées sur des territoires autochtones qui partaient en fumée et marquaient le début d’une série d’attaques contre l’institution catholique. Un bilan de la fin d’août indiquent que c’était pas moins de 68 églises qui avaient vandalisés dont 25 incendiées (plus d’une dizaine ont été entièrement détruites) depuis la découverte des premières tombes.