Une page d’histoire

Dans le centre ville de poitiers, juste à côté des jardins des droits de l’homme se trouve la médiathèque mitterand. Mais quels sont les extraordinaires exploits qui ont conduit à ce qu’on nomme, seulement quelques mois après sa mort, un bâtiment à son nom ?

Né en 1916, françois mitterand s’engage à partir de 1934 dans les volontaires nationaux, un groupement de jeunesse nationaliste. Les volontaires nationaux seront dissous en 1936 avec d’autres organisations nationalistes et fascistes, 2 ans après leur participation à la tentative avortée de prise de pouvoir par l’extrême-droite en février 1934. En 1935, il participe à la manifestation de l’action française contre l’exercice de médecins étrangers en fRance sous le mot d’ordre de l’opposition à «_l’invasion métèque ». L’action française est une organisation royaliste violente, nationaliste, antisémite, raciste et catholique, encore active aujourd’hui. L’actuel ministre de l’intérieur, gérald darmanin a notamment publié des articles dans un mensuel royaliste proche de l’action française, politique magazine (voir « Séparatisme : darmanin était lié à un groupuscule royaliste et pétaniste », Nantes révoltée, 04/02/21).
En 1938, françois mitterand se porte ensuite volontaire dans l’infanterie coloniale pour son service militaire. Il l’effectuera au sein du 23e régiment d’infanterie colonial.

Après avoir rejoint le régime du maréchal pétain, dont il est sympathisant, il rejoint au cour de la 2nd guerre mondiale des groupes de résistance avant d’entrer en clandestinité et de quitter le sol français. Devenu président, il refusera de présenter des excuses au nom de l’état français pour la participation active de celui-ci au génocide des juifs, des tsiganes ainsi qu’aux massacres nazis visant notamment les personnes handicapé·es, LBGTQI+ ou autres.
En 1945, il se servira de son prestige issu de la résistance pour protéger Eugène Schueller, propriétaire de l’oréal. Mais Schueller est aussi un des financeurs de l’organisation terroriste fasciste la cagoule, un auteur d’articles antisémites et un fondateur de partis fascistes durant la collaboration. Schueller saura remercier Mitterand comme il se doit en lui offrant la direction des éditions du rond-point.
Après diverses élections et poste de ministre, il devient en 1954 ministre de l’intérieur. En pleine guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), il s’oppose à l’indépendance algérienne et déclare «_L’Algérie, c’est la France … ceux qui veulent l’en dissocier seront partout combattus et châtiés ». En 1956, alors ministre de la justice, il défend le projet de loi donnant les pleins pouvoirs à l’armée et qui légalisera les tortures et massacre commis par les parachutistes de jacques massu l’année suivante. Durant les 1 ans et 3 mois au ministère de la justice, 45 militants algériens sont guillotinés, notamment grâce aux lois qu’il a lui même signé et qui permettent de guillotiner à tour de bras les indépendantistes.

Si depuis le début, la vie de françois mitterand est marqué par ses idées racistes et colonialistes, c’est dans les années 90, alors qu’il est président de la fRance qu’il participera au pire. Cette horreur, c’est son implication personnelle dans génocide des tutsis au rwanda (800 000 à 1 000 000 de tué·es). Car c’est depuis le palais de l’élysée qu’a été décidée et mise en place une politique française de soutien aux génocidaires. Que ce soit avant, pendant ou après, l’état français a déployé tous les moyens possibles. Des formations militaires aux livraisons en passant par l’envoi de troupes en renfort sans compter de reprendre le discours extrêmement haineux des extrémistes hutus. Un soutien qui n’a jamais véritablement cessé que ce soit avant, pendant et après le génocide. Ainsi les livraisons d’armes continueront alors même que le génocide a commencé.

Du service militaire au génocide rwandais, mitterand aura été un membre actif de toutes les horreurs coloniales. Voilà l’homme qu’on nous montre en exemple : un nationaliste, un colonisateur, un collaborateur, un génocidaire. Voilà un des visages du plus froid des monstres froid : l’état.


par ici la carte des honorations d’oppresseurs à Poitiers et alentours :

https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/recensement-des-honorations-doppresseurs-a-poitier_471271

Pour y contribuer envoyez-nous vos infos à lasinse@riseup.net

L’inceste et ses complices

En théorie tout le monde déteste le viol. Le “bon viol”, celui dans une ruelle sombre par un inconnu, évidemment armé, où la “bonne victime” s’est évidemment débattue. Mais en pratique, le viol c’est presque jamais ça.
Chaque année près de 65 000 personnes sont violées (90 000 en comptant les tentatives). Au moins 1 enfant sur 10 est victime de violences sexuelles, à 80 % dans la sphère familiale, soit 2 à 3 par classe. Et plus de 90_% de ces violences sexuelles sur enfant sont commises par des hommes. Ces chiffres nous rappellent juste la réalité qui nous entoure. N’oublions pas que la culture du viol nous empêche de réaliser et de nommer comme telles nombres de violences sexuelles subies. Ces chiffres ne sont que le sommet de l’iceberg.
Parce que la réalité, c’est que les violeurs disposent partout de complices quand les victimes ont pas ou peu de soutien. La réalité c’est que l’immense majorité des personnes qui tiennent des discours virulents envers le viol sont incapables d’agir si il s’agit d’un proche. Quand le violeur n’est plus cette créature mythique dans sa monstruosité mais une personne de chair et de sang avec lequel nous partageons nombre de liens. Ces mêmes liens qui forment les rapports de domination qui imposent le silence.
C’est ce que nous rappelle un livre sorti récemment, un livre qui nous parle de comment une ordure ordinaire de la bourgeoisie, Olivier Duhamel, a violé son beau-fils. Comment celles et ceux qui savaient ont gardé le silence, du père de la victime (Bernard Kouchner) à sa mère, du directeur de Science-po aux autres, qui se sont contenté de s’éloigner socialement au mieux. La fuite du conflit empêche toute éventuelle prise de conscience des problèmes et les possibles règlements qui vont avec.
Parce qu’il est riche et influent, les complices d’Olivier Duhamel qui viendront prendre sa défense sont aussi riches et influents. Tous les pédocriminels n’ont pas la chance de pouvoir être défendu par Alain Finkelkrault, officier de la légion d’honneur. Les prolos devront se contenter de Didier Monteil de la Nouvelle République, qui dressant le portrait d’un entraîneur violeur pédocriminel écrit « Des rondeurs auxquelles le sportif Berland n’est pas indifférent » ou parle plus loin « d’initiation à la sexualité ».
Comme on le voit, les complices et les excuses pathétiques excuses des complices, qu’iels trouvent aux violeurs, les injures faites aux victimes et les autres mécanismes de défense des violeurs mises en place seront les mêmes que dans les cadres éloignés des hautes sphères du pouvoir.
Il faut comprendre que les violences sexuelles sur les enfants ne sont pas une collection d’incidents isolés, c’est le résultat de la culture du viol produite par le système patriarcal. Le problème n’est pas seulement Matzneff qui viole des ados, mais aussi Gallimard qui publie ses bouquins, les librairies qui le vendent et le torche-cul Le Point qui lui donne une chronique. Le problème, ce n’est pas seulement les prêtres catholiques qui violent des gosses, l’église qui les couvrent mais toutes celles et ceux qui continuent de financer cette organisation. Le problème, ce n’est pas seulement que Luc Besson ait un enfant avec une fille de 16 ans alors qu’il en a 33, c’est aussi que ses attractions trônent au Futuroscope.
Il ne faut pas se contenter de dénoncer les violeurs, il faut détruire la société qui les crée et qui les soutient. Il ne faut pas seulement cesser d’être le complice des agresseurs mais s’y opposer.

Nihilisme de genre : un anti-manifeste

https://breakdown.noblogs.org

Cette brochure propose un point de vue plutôt rare et méconnue sur les questions de genre et d’identité. Si certains points peuvent paraître complexe et nécessiteront d’aller chercher des termes de vocabulaires, nous pensons que le propos en vaut largement la peine. Un propos clair et cohérent qui réussit très bien à expliquer des termes et des concepts pas forcément évident. Bref une brochure qu’on ne peut que conseiller.
« Le soi, le sujet est un produit du pouvoir. Le « Je » dans « Je suis un homme » ou « Je suis une femme » n’est pas un « Je »qui transcende ces déclarations. Ces déclarations ne révèlent pas une vérité sur le « Je », mais elles constituent plutôt le« Je ». Homme et Femme n’existent pas comme étiquettes pour certaines catégories métaphysiques ou essentielles d’être, se sont plutôt des symboles discursifs, sociaux et linguistiques qui sont historiquement contingents. Ils évoluent et changent à travers le temps ; leurs implications ont toujours été déterminés par le pouvoir.»

« Cela ne signifie cependant pas que celleux qui s’identifient comme trans, queer, ou non­binaires sont coupables de la(re)production du genre. C’est l’erreur que commet l’approche féministe radicale traditionnelle. Nous rejetons de telles affirmations, car elles ne font qu’attaquer celleux les plus blesser par le genre.Même si la déviation du genre est toujours assimilée et neutralisée, elle est pour sur toujours puni. Le corps queer, trans, non­binaire est toujours le lieu de graves violences. »

« Pour elles [les féministes radicales révolutionnaires], nous devons abolir le genre de sorte que le sexe (les caractéristiques physiques du corps) puisse être une base matérielle stable à partir duquel nous pourrions être regroupé. Nous rejetons tout cela allégrement. Le sexe lui­même est enraciné dans les groupements discursifs, ayant été donné autorité par la médecine, et violemment imposé sur les corps des individu­e­s intersexes. Nous décrions cette violence. »

Le validisme c’est pas valable

Si parfois on peut être amenéEs à faire attention à notre santé et à celle des autres, ce n’est pas pour les beaux yeux du pouvoir en place mais bien pour mettre fin à diverses formes d’oppressions et de privilèges que nous maintenons et qui nous révoltent. Les fascistes de ce pays (gouvernements, nombreux.ses élu.e.s, multinationales, flics, magistrat.e.s, avocat.e.s, gestionnaires et contrôleureuses en tout genre,…), elleux, n’en n’ont réellement rien à faire de la santé des personnes. Ce qu’iels souhaitent, c’est garder leurs citoyen.ne.s au travail pour que ça rapporte, mais surtout pour les maintenir dans l’engrenage bien huilé d’une vie contrôlée et conditionnée.

Mais là où ielles veulent uniquement nous « maintenir en vie », nous voulons être vivantEs !!!!

Ce que nous et d’autres souhaitons en tant qu’anarchistes, anti-autoritaristes, anti-racistes, féministes, queers, anti-validistes… c’est s’efforcer de mettre fin à toute forme d’oppression.

Aussi, si cette crise du Covid 19 doit nous permettre de nous révolter face à nos propres comportements validistes d’avant crise, qui voulaient que nous laissions crever les personnes à risque chaque hiver face à une « simple grippe », et bien tant mieux. Et parce qu’on a plein de solutions à créer ensemble, réfléchissons y collectivement en dehors du carcan gouvernemental.

Pour toutes les personnes qui se sentiront privées de leur liberté dans le contexte actuel. Si pour vous la définition de la vie libre c’est de taper sans pression la biz à vos potes alors que d’autres se demandent si iels vont survivre à l’hiver prochain, j’appelle pas ça vivre mais profiter de nos privilèges de personnes valides.

Il y a un moment où il faut arrêter de décider pour d’autres de leur propre sort. Je vois pas pourquoi faire attention à pas refiler la maladie à n’importe qui ça nous priverait de nos libertés. Personnellement, si une de mes libertés détruit ou ruine la vie de certaines personnes, j’appelle pas ça une liberté mais une oppression ou un privilège. Pour moi, ça nous met juste devant le faite accompli qu’on entretien des rapports d’oppressions dans nos comportements et qu’on est pas prêt.e.s à questionner un temps soit peu nos privilèges. Si je peux changer mes habitudes pour que les personnes avec qui je vis et je vibre puissent se sentir un peu plus en sécurité, je le fait. Et même je mériterais des beignes si je m’en foutais.

Ce que toi tu appelles liberté, les autres appellent ça oppression, qui les discrimine, les stigmatise, les rends parfois impuissant.e.s, et les mets en danger. Si une femme te dis que tu monopolises la parole en tant que mec cis, tu fermes ta gueule, tu écoutes et tu te remets en cause. Si une personnes racisée te dis que prendre l’accent noir c’est pas drôle mais c’est raciste, tu te tais, t’arrête de « rire de tout » et tu te remets en cause. Alors si dans un contexte de pandémie mondiale une personne à risque te dis que ton « privilège de maintenir une vie normale » alors que sa vie est menacée c’est un comportement validiste, tu la crois, tu te questionnes sur tes habitudes et tu fais ce qui est possible pour prendre soin d’elle. Si on écoute les personnes concernées et s’il y a des choses qu’on peut faire pour arrêter de maintenir des dominations sur elleux, faisons-le. Arrêter de faire la biz, porter un masque, me faire dépister, rester éloigné de personnes à risque si je suis suspecté de maladie… si ça peut permettre de pas envoyer des gens qui kiffent la vie rejoindre le tombeau des lucioles, et bah banco.

La liberté que les genTEs citent souvent c’est pas la même que la mienne. La considérer comme une quantité finie c’est un concept néo-libéral auquel je crois plus. Pour moi, ma liberté commence uniquement si les autres sont libres aussi. Et du coup je peux pas me considérer libre si cette soit-disante liberté maintien une domination. Perso, je ne me sentirai pas libre dans ce monde tant qu’on enfermera des personnes agées dans des ephad à leur insu pour les y laisser mourir. Je ne me sentirai pas libre tant qu’on mettra des personnes racisées en prison pour obtenir une main d’œuvre bon marché, tant que des personnes devront cacher leurs pronoms par peur du mépris ou de l’exclusion, tant que des forêts seront rasées au profit des grand.e industriel.le.s, tant qu’on prendra des décisions directement à la place des personnes concernées. Je ne serais pas libre tant qu’il existera des oppressions auxquelles j’ai participé et participe encore (bien que j’essais de les saboter en moi-même), mais surtout tant que je saurai que certaines personnes participent à ces mêmes oppressions mais qu’elles font le choix délibéré de ne pas y mettre fin.

Comme de toute façon je suis pas libre pour le moment, autant en profiter pour essayer d’étendre ma liberté en même temps que j’essaye d’étendre celle des autres.

Dire qu’un couvre feu ça va tousTEs nous sauver d’un craquellement des services de réanimations durant tout l’hiver, je crois que personne n’y crois. Et là encore, si on se considère privée de notre liberté face à cette mesure répressive, il faut se dire que c’est déjà le quotidien de certainEs qui payent le « coût » de leur genre ou de leur couleur de peau de quelques points de sutures à la matraque si iels ont la hardise de se balader dans le mauvais quartier à la nuit tombée. Alors peut-être que la peur des keufs va maintenant se répandre, viscérale, aussi chez celleux dont les vies étaient jusqu’ici bien tapies. C’est seulement au moment où on rentre dans la vie des autres qu’on se rend compte de la merde.

Alors ? Faudra attendre le covid numéro combien pour que les valides d’aujourd’hui acceptent de lâcher leurs privilèges parce qu’enfin iels seront concerné.e.s par les risques d’une telle situation ?

Le monde il était malade bien avant le covid. Alors n’attendons pas que les orages passent en continuant à prendre toujours le même chemin alors qu’il mène droit à un mur ; soit on change toustes de chemin et on avance vers du mieux, soit on sort les paillettes et les massettes et on fracasse le mur pour enfin accéder à la forêt qu’est derrière ! (n’essayez pas de trouver un sens clair à cette métaphore, même moi j’en ai pas forcément..)

Sous la rage la rage !!!!

Vent

Pensée anarchiste : Le but des anarchistes

En 1894, la répression contre les anarchistes en France est forte suite à une série d’attentats. Élisée Reclus (1830-1905), communard, théoricien anarchiste, pédagogue, géographe et écrivain prolifique est invité à faire une conférence devant une loge maçonnique de Bruxelles. Il y développe les thèmes de l’abolition de l’État, des principes de la morale anarchiste et de la possibilité d’une société fondée sur celle-ci.

«Le but des anarchistes leur est donc commun avec beaucoup d[e personnes] généreu[ses], appartenant aux religions, aux sectes, aux partis les plus divers, mais ils se distinguent nettement par les moyens, ainsi que leur nom l’indique de la manière la moins douteuse. La conquête du pouvoir fut presque toujours la grande préoccupation des révolutionnaires, mêmes des plus intentionnés. L’éducation reçue ne leur permettrait pas de s’imaginer une société libre fonctionnant sans gouvernement régulier, et, dès qu’ils avaient renversé des maîtres haïs, ils s’empressaient de les remplacer par d’autres maîtres, destinés selon la formule consacrée, à « faire le bonheur de leur peuple ». D’ordinaire on ne se permettait même pas de se préparer à un changement de prince ou de dynastie sans avoir fait hommage ou obéissance à quelque souverain futur: « Le roi est tué! Vive le roi! » s’écriaient les sujets toujours fidèles même dans leur révolte. Pendant des siècles et des siècles tel fut immanquablement le cours de l’histoire. « Comment pourrait-on vivre sans maîtres! » disaient les esclaves, les épouses, les enfants, les travailleurs des villes et des campagnes, et, de propos délibéré, ils se plaçaient la tête sous le joug comme le fait le boeuf qui traîne la charrue. On se rappelle les insurgés de 1830 réclamant « la meilleure des républiques » dans la personne d’un nouveau roi, et les républicains de 1848 se retirant discrètement dans leur taudis après avoir mis « trois mois de misère au service du gouvernement provisoire ». […] N’est-ce pas ici le cas de répéter les vers de Victor Hugo: « Un vieil instinct humain mène à la turpitude? »
Contre cet instinct, l’anarchie représente vraiment un esprit nouveau. On ne peut point reprocher aux libertaires qu’ils cherchent à se débarrasser d’un gouvernement pour se substituer à lui: « Ôte-toi de là que je m’y mette! » est une parole qu’ils auraient horreur de prononcer, et, d’avance, ils vouent à la honte et au mépris, ou du moins à la pitié, celui d’entre eux qui, piqué de la tarentule du pouvoir, se laisserait aller à briguer quelque place sous prétexte de faire, lui aussi, le « bonheur de ses concitoyens ». Les anarchistes professent, en s’appuyant sur l’observation, que l’État et tout ce qui s’y rattache n’est pas une pure entité ou bien quelque formule philosophique, mais un ensemble d’individus placés dans un milieu spécial et en subissant l’influence. Ceux-ci élevés en dignité, en pouvoir, en traitement au-dessus de leurs concitoyens, sont par cela même forcés, pour ainsi dire, de se croire supérieurs aux gens du commun, et cependant les tentations de toute sorte qui les assiègent les font choir presque fatalement au-dessous du niveau général.
C’est là ce que nous répétons sans cesse à nos frères [et sœurs], – parfois ennemies – les socialistes d’État: « Prenez garde à vos chefs et mandataires! Comme vous, certainement, ils sont animés des plus pures intentions; ils veulent ardemment la suppression de la propriété privée et de l’État tyrannique; mais les relations, les conditions nouvelles les modifient peu à peu; leur morale change avec leurs intérêts, et, se croyant toujours fidèles à la cause de leurs mandants, ils deviennent forcément infidèles. Eux aussi, détenteurs du pouvoir, devront se servir des instruments du pouvoir: armée, moralistes, magistrats, policiers et mouchards. Depuis plus de trois mille ans, le poète hindou du Mahâ Bhârata a formulé sur ce sujet l’expérience des siècles: « L’homme qui roule dans un char ne sera jamais l’ami de l’homme qui marche à pied! »
Ainsi les anarchistes ont, à cet égard, les principes les plus arrêtés: d’après eux, la conquête du pouvoir ne peut servir qu’à en prolonger la durée avec celle de l’esclavage correspondant. Ce n’est donc pas sans raison que le nom d' »anarchistes » qui, après tout, n’a qu’une signification négative, reste celui par lequel nous sommes universellement désignés. On pourrait nous dire « libertaires », ainsi que plusieurs d’entre nous se qualifient volontiers, ou bien « harmonistes » à cause de l’accord libre des vouloirs qui, d’après nous, constituera la société future; mais ces appellations ne nous différencient pas assez des socialistes. C’est bien la lutte contre tout pouvoir officiel qui nous distingue essentiellement; chaque individualité nous paraît être le centre de l’univers, et chacune a les mêmes droits à son développement intégral, sans intervention d’un pouvoir qui la dirige, la morigène ou la châtie. »

hhttps://www.panarchy.org/reclus/anarchie.1894.html

Relever les bras

Pour beaucoup, quand on évoque le sport, on pense aux cours de sport humiliants, aux profs qui nous forcent, aux mecs virils et violents qui nous matent, nous jaugent, nous jugent. Et puis on pense aux millionnaires, à la pub, et à toutes ces conneries dont parlent constamment les medias alors qu’on s’en tape. En gros, on pense oppression patriarcale et capitalisme. Mais loin de tout ça, le sport, ça peut aussi être autre chose. Ca peut même être émancipateur, à condition qu’il soit non-autoritaire.
Quand on parle de sport non-autoritaire, on veut en fait parler de sport avec le moins d’autorité possible. Comme dans toutes interactions sociales, l’absence d’autorité n’existe pas. Mais elle est moins un problème à partir du moment où elle est partagée, discutée, et ouvertement consentie. L’objectif, c’est de tendre vers le moins d’autorité possible. Pour cela, il faut sortir des schémas traditionnels des clubs sportifs, et penser la pratique différemment : ici comme ailleurs, les normes n’ont rien de normal.

Pour commencer, on a besoin de virer la compétition et son imaginaire. L’objectif de la compétition, c’est de gagner, c’est d’être meilleur que les autres, à tout prix, quitte à les écraser. C’est pour ça que la violence, physique comme verbale, les humiliations, le dopage, entre autres, font partie intégrante de nos représentations du sport. A la finalité (gagner), on préférera la manière, la forme. Se faire plaisir, jouer ensemble, s’entraider, progresser. Dans un environnement bienveillant et safe pour tout le monde. Virer la compétition, ça ne veut pas dire ne plus rencontrer d’autres équipes, juste ne plus les affronter : on organise des matchs pour jouer, rencontrer et s’amuser plutôt que pour dominer et gagner.

L’autorité dans une équipe est personnifié dans la figure du coach, qui est la plupart du temps un mec, même dans les équipes féminines. Le coach a toujours raison, et il sait mieux que tout le monde ce qui est bon pour l’équipe. Pour tuer le coach, il y a l’autocoaching. L’idée, c’est de permettre à chaque membre de l’équipe, ensemble ou à tour de rôle, d’être coach. En pratique, il peut s’agir de binomes qui préparent les différents temps d’un entrainement. Comme ce binome change à chaque fois, ça permet d’impliquer les personnes qui le souhaitent. Et pour celles qui ne se sentent pas assez légitime, l’équipe peut constituer un classeur, physique ou virtuel, avec des marches à suivre, des exercices, etc. Des moments d’échanges et des stages avec d’autres équipes qui ont plus d’expériences peuvent aussi s’organiser pour partager des techniques et des savoirs.

En dehors de l’équipe, l’autorité dans le sport est représenté par l’arbitre, qui est là pour faire respecter les règles et sanctionner. Pour tuer l’arbitre, il y a l’auto-arbitrage ! Contrairement à des idées reçues, l’auto-arbitrage, c’est possible dans tous les sports. A condition parfois de changer les règles pour les simplifier et pacifier le jeu. Par pacifier, on entend éviter les embrouilles et prise de tête, pas les contacts s’ils font partis du jeu et sont librement consentis. Dans beaucoup de sports, les règles sont faites pour les professionnel·les, dans le but de créer du spectacle. Ce qui provoque une augmentation du nombre d’arbitres pour les contrôler. Le foot est un bon exemple : il peut y avoir jusqu’à 5 arbitres sur le terrain. Pourtant, il existe des championnats de foot à 7 en auto-arbitrage, avec des règles différentes. Par exemple, les tacles sont interdits. L’auto-arbitrage suppose de changer de mentalité : alors que dans le sport traditionnel, tout ce qui n’est pas vu par l’arbitre est autorisé, il s’agit là de s’arrêter quand on commet une faute, ou quand on nous dit qu’on a commis une faute. Ce qui suppose de respecter les adversaires, et de leur faire confiance.

La question de la mixité ou la non-mixité est essentielle. Pour les femmes, mecs trans et personnes non-binaires, la non-mixité peut-être sécurisante, et permettre de reprendre confiance en soi loin du regard oppressant des hommes. Alors que pour les hommes, la mixité peut permettre de sortir de l’ambiance viriliste.

Pour sortir de l’imaginaire du sport compétitif et donc viril, l’existence de clubs tels que le Black Star et les Pict’aliens est essentiel, puisqu’ils permettent de montrer qu’une autre pratique du sport est possible. Ils permettent à d’autres, dans d’autres sports, de se dire qu’il est possible de continuer à pratiquer ce qu’iels aiment sans forcément subir des violences et des humiliations. Que créer des clubs qui se revendiquent non-autoritaire et qui pratiquent leur sport de manière bienveillante avec un but émancipateur n’est pas une utopie.

Autour des violences sexuelles

Le texte et les brochures qui suivent parlent de sexualités et d’agression. Ce sont des sujets qui remuent, donc faites attention à vous avant.

Le système patriarcal ce n’est pas seulement des individus de pouvoir et des institutions qui perpétuent la domination masculine, c’est un véritable poison qui vient pourrir jusqu’à nos interactions quotidiennes. Lutter contre les violences sexuelles, c’est aussi bien déconstruire toutes ces pressions qui nous font accepter et tolérer l’inacceptable qu’apprendre à régler nos comptes. La culture du viol n’est pas le privilège de quelques ordures mais une culture dans laquelle nous baignons toustes. Il faut détruire un ensemble de mentalité, d’institution et d’individu qui l’entretiennent et en tirent profit.

Une étape indispensable est de comprendre les jeux de pouvoirs et de manipulations au sein de nos relations. Démasquer les pressions que l’on se met nous-mêmes, révéler les manipulations et violences qui conduisent à ce qu’une relation désirée entre des personnes ne se transforme pas en un asservissement aux désirs d’une seule ou à ceux que nous impose la société. Il s’agit aussi de détruir les représentations de la sexualité véhiculées autour de nous et de les remplacer par ce que nous désirons.
Pour continuer cette réflexion, nous vous conseillons les articles du blog antisexisme.net sur les « interactions sexuelles à coercition graduelle »

Entre les interactions librement consenties et celles qui sont qualifiées de violences sexuelles, il existe toute une gamme d’interactions qui dépassent nos limites à des degrés divers. Ces dépassements ne sont pas forcément considérés comme des violences, que ce soit par la personne qui les dépassent ou la personne dont les limites sont dépassée. Cela est liée au fait que nos représentations des violences sexuelles sont si dramatiques qu’elles conduisent à dissimuler un nombre d’actions qui nous posent probleme à divers degrés. Nous nous retrouvons privé.es de terme pour définir de manière appropriée ce que nous avons vécu.es.
C’est ce sujet qu’approfondis la brochure Nous sommes touTEs des survivanTEs, nous sommes touTEs des agresseurSE.

Mais une fois que nous avons identifié un comportement problématique, réussi à mettre des mots sur nos expériences et nos ressenties, que faire ? Surtout comment faire lorsque l’on refuse de participer au jeux des tribunaux et de l’Etat ? Pas une réponse unique mais une multitude de possibilités, de propositions qui peuvent se succéder comme se combiner. Cela peut aussi bien passer par des processus de responsabilisation et transformation des personnes qui ont blessés, que par l’exclusion ou autres. Cela peut aussi être une remise en question des comportements et normes sociales qui servent de terreau à ces agressions (par exemple certaines manifestations de la culture du viol ou des éléments de la culture de l’intoxication), la mise en place de groupes en non-mixité… Mais aussi en élargissant la question aux réflexions concernant la gestion des conflits de manière plus générale.
C’est sur cet ensemble de perspectives que des compas nord-américain livrent un retour critique dans Accounting for ourselves. En quelques pages sont évoquées les limites de ces méthodes ainsi que des idées pour les dépasser.

Parce que sur le sujet des violences sexuelles, un des éléments importants est d’aider aux bien-être des personnes concernées, nous ne pouvons que très fortement vous conseiller la lecture de la brochure Soutenir un-e survivant-e d’agression sexuelle.

Pensée anarchiste : Leur paix

Gustave Serge (1880-1947) est un révolutionnaire belge. Il se rapproche des anarchistes-individualistes, rejette ce qu’il nomme les « absurdités syndicalistes » et défend des idées farouchement antimilitaristes. Il publie le texte Leur paix dans la revue L’anarchie N°313, le 6 avril 1911, dans un contexte de fortes tensions militaires et coloniales entre les états européens.

L’hypothèse de la guerre préoccupe en ce moment les esprits. Déjà l’on évoque l’horreur des champs de bataille, les villages incendiés, les cadavres semés au long des routes, les régiments décimés, et dans les villes restées paisibles l’angoisse et la faim… A s’imaginer que le renouvellement de ces spectacles est possible, le vulgaire reste déconcerté et stupéfié. La guerre est belle, dans les contes […] et les romans […]; la guerre est glorieuse dans les manuels d’histoire ; en réalité elle est horrible et chacun le pressent. Les plus veules, en y songeant, se hâtent de proclamer leur amour pour la paix… […]
Au fond du pacifisme il n’y a ni volonté ni intelligence ; il n’y a que de la peur et de l’hypocrisie. Les sincères ont peur. Les autres, n’ayant d’autre souci que celui de leurs intérêts, le servent sans scrupule. Il nous est ainsi donné de contempler ce tableau paradoxal : tandis que se tiennent des congrès de la paix, leurs initiateurs font construire des cuirassés… […]
Est-elle vraiment si belle cette paix, leur paix ?
Nous en jouissons pour le moment. Nous pouvons donc l’examiner à loisir, l’apprécier, la savourer. […] La Paix, sur les images, est une belle fille blonde au visage souriant, un peu bébête ? On n’a garde de représenter derrière elle les Casernes, les Prisons, les Hôpitaux et les Maisons Closes qu’elle abrite.
Leur Paix !
Mais c’est l’ordre, l’ordre sanglant que Thiers réinstaura en fusillant les fédérés de la commune, et que Clemenceau maintint avec le concours précieux des cuirassiers de Narbonne et les gendarmes de Draveil. La Paix bourgeoise exige que l’on respecte les lois établies, que l’on subisse la faim et l’oppression ; et quand on transgresse ses volontés, elle ramène l’ordre à coups de knout, à coups de sabres et de fusils… La paix sociale fait condamner les ouvriers pour un mot ou un geste d’insoumission ; emprisonner les journalistes trop indépendants ; traquer sans répit les indociles et les réfractaires. Sous les balles pacifistes, des prolétaires sont tombés bien des fois. Et Ferrer. Et que de nôtres, en Russie ou au Japon, sont morts sur les potences pacifistes !
Cela s’appelle l’ordre « moral » ou politique. […]
Ah, nos excellents pacifistes ne manquent pas de toupet lorsqu’ils dressent sous nos yeux l’épouvantable bilan des guerres. Celles de Napoléon, enseignent-ils, coûta à l’Europe cinq millions de vies humaines. Nous voudrions bien savoir, nous, combien de vies sont sacrifiées tous les jours à leur paix ?
Qu’ils nous disent combien d’enfants sont tués dans les verreries et les tissages du Nord ? Combien d’ouvriers meurent assassinés par les maladies professionnelles, les privations – la misère ? Qu’ils essayent de nous dresser le bilan approximatif des bonheurs, des vies, des joies pacifiquement broyées par l’engrenage des institutions du Capitalisme Autoritaire !
Nous désirons juger leur paix en connaissance de cause !
Leur paix est meurtrière autant que les guerres. C’est une paix de mort. Il a fallu autant de sang et de sueurs, autant de chair humaine pour édifier les fortunes des Rotschild, des Bunau Varilla, des Pereire et Cie, que pour constituer les empires des conquérants les plus fous. […]
La guerre, choc des armées, assassinat en masse évident et brutal, est pire, sans doute ; mais la paix d’aujourd’hui est ignoble, absurde et criminelle.
Nous nous refusons à la guerre, parce que nous aimons profondément la vie.
Et c’est en son nom – et au nom de nos vie tout d’abord ! – que nous nous insurgeons contre le règne de l’hypocrisie pacifiste et de la brutalité guerrière. Nos existences seraient si belles n’était-ce la malfaisante sottise des dominateurs et des asservis !
C’est donc malgré eux que dès à présent nous voulons réaliser des vies belles. Que vers ce but tendent nos efforts de révoltés : vivre selon nos pensées, librement, intelligemment, fraternellement : parmi nous du moins, instaurer une paix véritable qui nous rendra plus forts et plus heureux.

Des médias dépendants

Suite à l’assassinat de Georges Floyd aux Etats-Unis et aux manifestations contre les violences policières appelés notamment par le comité Adama, cette question des violences policières refait son apparition dans les médias en France au mois de juin. Tout le monde en parle, et des expressions comme « violence systémique » et « racisme structurel » pour qualifier les keufs existent dans les médias.
Mais cela ne dure pas. Début juillet, Darmanin devient ministre de l’intérieur et reprend la défense aveugle des bleus, tout en parlant « d’ensauvagement », terme piqué à l’extrême droite, pour remettre en avant la fable de l’insécurité galopante. Et les journalistes suivent. Alors qu’en juin, des habitant·es racisé·es des quartiers populaires interviewés demandent justice, un mois plus tard d’autres demandent plus de police. L’ordre est rétabli.

Mais comment passe-t-on, en quelques jours, d’une situation médiatique à son contraire ? Rapide analyse et critique des médias en France.

Le secteur de la presse est dans les mains des plus riches et des plus puissants. Selon des chiffres de 2017 publié par bastamag1, huit milliardaires et deux millionnaires se partagent les principaux médias, qui représentent 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour, 55 % des parts d’audience télé et 40 % de celles des radios. Parmi eux citons Bernard Arnault, à la tête du groupe de luxe LVMH, et patron des Echos et du Parisien, Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR et à la tête de Libération, L’Express, BFM-TV, RMC, Martin Bouygues, PDG du groupe de construction et de télécomunication Bouygues, dont fait partie le groupe TF1. En plus, les principaux revenus de la presse proviennent de la publicité, et donc des grands groupes capitalistes.

Pour travailler dans ces rédactions, il ne faut donc pas fâcher les financeurs. Mieux même : il faut leur plaire. Et ça se ressent dans le choix des journalistes mis en avant, aussi appelé éditorialistes. Ce sont toujours les mêmes, qui passe d’un média à l’autre sans problème, grâce à leur docilité, leur idéologie mortifère, et leur défense des puissant·es. Deux exemples, pas avares pour défendre les puissants et dénoncer les plus faibles : Nicolas Demorand est notamment passé par Libération, Europe 1, RTL, France 5, Canal + et France inter. Natacha Polony est elle entre autres passée par France 2, Canal +, Europe 1, France inter et Marianne. Les autres journalistes doivent bien souvent garder leurs idées dans leur poche et s’adapter à la ligne éditoriale édictée.

Les puissant·es à la tête de ces médias les gèrent comme leurs autres entreprises : à coup de suppression d’emplois et de hausse de productivité. Cette industrialisation entraîne une uniformisation des sujets : tout le monde parle de la même chose, tout le monde interroge les mêmes personnes, tout le monde a les mêmes les mêmes angles et points de vue : réactionnaire et dominant. Et les personnes ne voulant pas s’adapter doivent partir, comme le montre ce qui s’est passé à Itélé (aujourd’hui CNews) en 2016, suite aux changements consécutif à rachat du groupe Canal+ par Bolloré : 100 journalistes sur 120 ont démissionné.

La concentration des médias aux mains d’une oligarchie, ainsi que la monopolisation de la parole par les éditorialistes, porte-voix de leur maître·sses, a pour conséquence une droitisation toujours plus poussée de la presse. A tel point que les élus du rassemblement national, constamment invités à s’exprimer par tous les médias, apparaissent presque comme les personnes les plus modérées sur les plateaux de CNews ou LCI.

En juin, à la sortie du confinement, les violences policières sont un sujet mondial. Les manifestations se multiplient partout aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde, dont en France. Les journalistes sont obligés de s’emparer du sujet. Iels le font à leur manière, en faisant mine de s’interroger, et adoptent tou·tes le même angle : celui de la comparaison avec la situation étasunienne, pour en conclure qu’en France, ça n’a rien à voir. On a pu y voir une brèche, la suite nous a refroidi. Le terme ensauvagement s’installe au ministère de l’intérieur, qui ordonne une opération de police à Grenoble sur la base de vidéos extraites d’un clip de rap. Parce que l’insécurité n’augmente pas vraiment, il faut agir au nom du sentiment d’insécurité, véhiculé par les médias. La boucle est bouclée, le serpent se mord la queue.

Le champ médiatique est verrouillé. Il n’y a rien à attendre des grands médias, dont le seul but, en plus d’engranger les profits, est de justifier et faire perdurer le capitalisme et les autres systèmes de dominations.

1/ https://www.bastamag.net/Le-pouvoir-d-influence-delirant-des-dix-milliardaires-qui-possedent-la-presse (retour au texte)